Une vie de chiens… de refuge

 

Aujourd’hui, je bouscule le calendrier éditorial (qui ne ressemble plus à rien de toute façon ^^) pour vous raconter une histoire qui me tient à coeur. Ou plutôt des histoires. C’est article est malheureusement nécessaire pour que plus de gens prennent conscience d’un phénomène qui va croissant : l’abandon des animaux. Il faut savoir que la France est championne dans l’abandon des animaux de compagnie. Et on se serait bien passé de ce titre. Chaque année ce sont des milliers de chats et de chiens qui sont abandonnés et recueillis dans les refuges. 

 

La SPA en détails

La SPA a été créée en 1845, c’est à dire il y a déjà bien longtemps. Au fil des années, elle a été reconnue d’utilité publique et depuis, elle devenue une référence nationale concernant le bien être et la sécurité des animaux. Tout le monde la connait mais peu savent réellement comment fonctionne ses refuges, les contraintes auxquelles elle doit faire face et la réalité du quotidien. 

L’association et ses 63 refuges sont implantés partout en France. Elle ne dispose d’aucune subvention d’état. Pourtant, il faut assurer l’entretien des refuges, les besoins des chiens et payer les salaires des employés. Il y a également une partie dédiée aux financements pour des actions de terrains. La SPA est aujourd’hui financée à 75% grâce à la générosité du grand public, c’est à dire des legs et des dons. Le reste provient des frais d’adoption qui sont à payer lorsque vous adoptez un animal.

 

 

Et oui ! Les gens sont souvent surpris mais adopter un animal (chien, chat, NAC) à la SPA n’est pas gratuit. Vous devez régler un montant de 50 à 350€ selon l’animal, son genre et son âge. Cela couvre les frais médicaux (vermifuge, stérilisation, vaccins) que le refuge a engagé pour lui et couvre une minuscule part de ses frais de nourriture. Cela permet également de responsabiliser les adoptions. Dès qu’il faut mettre la main au portefeuille, les gens réfléchissent à deux fois. Cela permet d’éviter de futures abandons. 

 

Vie d’un chien de refuge

Quand on arrive dans un refuge, on les entend avant de les voir. Quand on passe la porte et qu’on pénètre dans le mur d’enceinte, le bruit augmente. Et bientôt vous apercevez des dizaines d’enclos et de boxes alignés. A l’intérieur, des chiens qui n’ont pas eu de chances, que leur propriétaire n’ont pas pu ou voulu garder. Leur quotidien est désormais rythmé selon la routine du refuge. Le matin, ils sont nourris par les équipes salariés. Certains ont besoin de soins spécifiques, d’autres partent à la stérilisation, les derniers s’occupent comme ils peuvent. Les matinées sont assez calmes car les refuges sont fermés au public. 

L’après-midi, les bénévoles arrivent pour faire ce que les salariés ne peuvent pas assumer et que les chiens attendent pourtant toute la journée : les sorties. L’unique sortie de la journée. Etre un chien de refuge c’est passer 98% de sa journée dans son enclos ou son boxe. A Toulouse, le refuge accueille environ 250 chiens. C’est énorme. 60 chiens sont en boxe individuels d’un mètre sur trois. Les autres sont seul ou par deux dans des petits enclos de deux mètre par cinq environ. Les chiens en boxes sont sortis une fois par jour, pendant 20 minutes environ. C’est la seule fois de la journée où ils peuvent voir autre chose, jouer un peu, courir, faire leurs besoins. Et croyez moi, ils attendent ça avec impatience !

 

 

Quand vous entrez dans le boxe, vous êtes souvent accueillis par un chien fou de joie, qui vous fait une fête de tous les diables. Ca fait des heures qu’il vous attend, qu’il se retient. Parce qu’aussi surprenant que ça puisse paraître, les boxes sont très propres et les chiens y font très rarement leurs besoins. Souvent cela devient compliqué de leur mettre leur harnais tellement ils sont surexcités ! Ca aboie beaucoup, les copains sont jaloux en attendant leur tour. Alors vous faites au plus vite pour équiper l’élu, et sortir. Vous faites en sorte que ces 20 minutes soient vécu pleinement tout en respectant les consignes de sécurité : pas de contact entre les chiens, 10m de distance de sécurité, attention aux voitures.  

 

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Ces chiens, avec chacun leur histoire

Presque tous les jours, on nous amène des chiens. Ils ont été trouvé errants, abandonnés, saisis par la police. Certains sont en très mauvais état, d’autres justes fatigués. A chaque nouvelle arrivée, il faut trouver une place. A Toulouse, la fourrière municipale dépose les animaux trouvés ou pris en charge au refuge SPA. Elle doit dispenser en permanence de cinq boxes libres. S’il n’y a plus de boxes disponibles, il faut faire de la place. Et pour ça, il n’y a pas 36 solutions malheureusement. Si un boxe vient à manquer et qu’un chien ne peut pas être placé dans une famille d’accueil ou adopté, c’est l’euthanasie. Chaque place en parc est vite comblée car on essaie d’y placer un chien précédemment en boxe. Ils sont ainsi bien plus visibles pour les familles adoptantes et ils ont surtout plus d’espace. 

 

 

Chaque nouvelle arrivée donne lieu à une routine bien huilée. On tente d’identifier l’animal, de trouver son propriétaire s’il en a un. Ils ont parfois un collier, un tatouage ou une puce. Certains propriétaires sont ravis de savoir qu’on a retrouvé leur animal. D’autres nous répondent ouvertement qu’ils n’en veulent plus et préfère payer les frais d’abandon plutôt que de reprendre leur compagnon. Personnellement, ça me crève leur coeur à chaque fois. Le montant est ridicule, il n’est même pas équivalent à celui d’une adoption. Les premiers jours, les chiens n’ont pas le droit de sortir. Puis ils sont sortis uniquement dans l’enceinte du refuge pour évaluer leur comportement. Quand tous les feux sont au vert, ils peuvent découvrir les environs. Une seule exception, les chiens catégorisés qui n’ont pas le droit de se promener en extérieur. Dans certains cas, notamment les bébés, il faut trouver une famille d’accueil pour accueillir une boule de poil qui se retrouve laissée pour compte et qui ne peut pas rester au refuge.

 

 

Au fil des visites, on rencontre des chiens tous différents les uns des autres. Il y a des petits et des grands, des jeunes et des vieux, des chiens de races et des bâtards. Il y a les calmes et les excités, ceux qui sont dans leur bulle et ceux qui sont curieux de tout. Mais ils ont un point commun : tous attendent les bénévoles et la plupart ne garde aucune rancune envers l’Homme. Pourtant, croyez-moi, certains auraient de quoi. Il y a ceux qui nous accueillent la queue remuante dès le premier jour. Et puis il y a ceux qu’il faut amadouer, qui ne veulent plus voir d’hommes (comprendre de personne de genre masculin). Alors on les câline, on leur parle doucement, on fait jouer l’estomac… Parfois il faut plusieurs jours pour pouvoir leur mettre un harnais et les sortir du boxe. Ce boxe est devenu leur maison, leur refuge, leur repère. Certains refusent de s’en éloigner trop longtemps et d’autres nous traînent quand il est temps de rentrer. 

 

Mon engagement auprès de la SPA

Lors de mon arrivée à Toulouse, j’ai rapidement eu besoin de faire quelque chose. Je vous l’avais confié, je me sentais inutile, oisive, je ne voyais pas grand monde. Et ça me gênait. J’ai eu l’idée de devenir bénévole à la SPA. De cette façon, je vois du monde et surtout je me rends utile. Au delà de ça, c’est très enrichissant. Ces chiens ont énormément d’affection à donner, ils nous font beaucoup rire et ils sont un exemple de résilience pour certains. On dit que les animaux ont beaucoup à nous apporter et à nous apprendre, et c’est vrai. A la SPA, on constate tous les jours que l’Homme est parfois la pire espèce qui soit. 

Si vous aussi, la cause animale vous importe, il y a énormément de moyens d’aider. Tout le monde n’a pas le temps ou la possibilité d’être bénévole. Vous pouvez aussi devenir famille d’accueil. Vous acceptez d’accueillir un animal qui a besoin d’un traitement spécifique ou dont la situation ne permet pas qu’il reste au refuge (chatons, animal qui ne peut être placé, …). Ses frais médicaux et de nourriture sont pris en charge par le refuge. Cela demande toutefois un peu de disponibilité et d’être prêt à laisser partir l’animal le moment venu. Vous pouvez également faire des dons. Il peut s’agir d’argent mais également de matériel : croquette, niches, couvertures, harnais, jouets, … Les animaux en ont toujours besoin. Imaginez vous la vie de ces chiens, dans leur boxe ou leur enclos été comme hiver. Il n’y a pas de chauffage, pas de canapé où se vautrer, pas de maître affectueux qui rentre le soir. 

 

 

Vous pouvez également aider en adoptant en refuge plutôt qu’en achetant un animal. Adopter en refuge c’est sauver deux animaux : celui que vous adoptez et celui qui pourra prendre sa place disponible au refuge.  Personne ne peut vous juger sur votre choix concernant l’adoption. Vous pouvez par exemple adopter chez un éleveur déclaré, dont c’est le métier. Mais s’il vous plait, n’encourager pas ces particuliers qui ne font pas attention et laissent leurs animaux se reproduire n’importe comment. Il faut savoir que la loi impose depuis quelques années d’être déclaré comme éleveur pour faire reproduire son animal. Pourtant, combien de particuliers ne stérilisent pas leur animal et les laisse se reproduire. Il y a encore bien trop de portées dont on essaie de se débarrasser (je ne détaillerai pas les moyens employés) et qui doivent être prises en charge par les associations. Et surtout, n’allez pas en animalerie. Les conditions d’élevage et de vie des animaux y sont pitoyables. 

 

Il y a beaucoup de moyens d’aider ces animaux, alors donnez leur une chance 😉 Ils vous le rendront au centuple !

 

7 commentaires pour “Une vie de chiens… de refuge

  1. Être bénévole dans une SPA ou tout autre association semblable est quelque chose que j’aimerai vraiment faire. Malheureusement, je n’en ai actuellement aucune près de chez moi… C’est vraiment génial que tu prennes ton temps pour aller aider les animaux des refuges 🙂 ! Leur vie n’est pas toujours drôle… Mais c’est super que des associations les récupèrent, malgré le manque de place. Car sinon, où iraient-ils ? Les chanceux trouveront une autre famille…
    Donc merci pour cet article 😉

    1. Avec plaisir 🙂
      Si tu n’as pas de refuges SPA près de chez toi, tu as peut-être d’autres associations qui ont besoin d’aide 😉

  2. Très intéressant ton article. Sur Alsace 20, ils diffusent régulièrement des reportages sur les refuges. On constate que la vie est souvent bien cruelle pour certains animaux…
    J’ai moi-même adopté un chat qui venait de la rue, il y a de ça, bientôt 3 ans.
    Je ne comprendrais jamais comment on peut adopter puis abandonner son animal du jour au lendemain…

    Bon courage et bravo pour tout ce que vous faites à la SPA 😉

    1. Merci 🙂

      J’ai aussi du mal à comprendre qu’on puisse considérer un animal comme un objet apres avoir vécu au quotidien avec lui..n

  3. Je regrette qu’il n’y ait pas une SPA proche de chez moi. Cela fait quelques années que ça me tient de plus en plus à cœur d’apporter ma petite contribution. Avoir un chien, ça me manque. Mais à défaut d’avoir le mien et ayant du temps libre, j’aimerais tellement passer du temps à promener ceux qui n’ont pas la chance d’avoir leur famille.

    On a deux grandes couvertures à donner et quelques affaires du chien de Fred. On attend une occasion de faire 3h de route (AR) pour les apporter… Lorsque je fais des brocantes, je regarde toujours plus en détail les stands d’associations animales pour trouver la moindre petite babiole (presque futile) à acheter…

    Les animaux sont (ou étaient ?) en vente «libre» en Belgique. J’ai acheté trois chatons qui étaient dans un état déplorable. D’un côté, ça nourrit ce genre de commerce mais de l’autre, je ne pouvais vraiment pas passer mon chemin et rentrer à la maison en sachant que ces chatons étaient entrain de crever au fond de leur enclos vitré, à la vue de tout le monde et d’un personnel sans cœur.

    Donc oui, j’ai permis à ce magasin de remettre des chatons à la vente mais j’en ai sauvé trois d’une mort certaine…

    1. C’est toujours compliqué ce genre de cas… On se dit que si on ne les prend pas ils vont crever. Je te comprends…

      Si ce n’est pas la SPA il y a surement d’autres associations pas loin de chez toi! Nous il y a facile 3 ou 4 autres associations qui gèrent des chats ou des chiens a Toulouse!

      1. Les associations, il y en a deux très proches d’ici mais un très mauvais vécu avec chacune d’elles. C’est dommage pour les animaux mais quand l’humain est insultant, ça ne te donne pas envie de faire un effort…

        Quant à l’animalerie, je ne sais plus son nom mais connu dans Liège. Les vendeurs n’avaient aucun scrupule de dire aux clients (dont moi) que les animaux ne sont pas soignés (pas d’argent à mettre dans des bêtes qui, si elles ne sont pas vendues, sont une perte financière donc autant éviter les dépenses inutiles) et que lorsqu’ils deviennent vieux (à peine sevrés qu’ils sont déjà sur la sellette), ils les tuent…

        La SPA la plus proche que je suis sur FB a des bénévoles qui ont vraiment du cœur (et elle a de bons retours). Pour ça que pour elle, à défaut de pouvoir y aller souvent (genre promener les chiens de manière régulière), je suis prête à me déplacer juste pour quelques babioles qui leur seront plus utiles qu’à moi…

        De toute façon, c’est un devoir à mes yeux…

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