On a toujours le choix de changer les choses

 

Ces derniers temps sur le blog, je vous parle beaucoup de changement. Changement d’appartement, changement de boulot, changement de ville… changement de vie en fait. Au final, je crois que c’est juste le reflet du changement qui s’opère en moi, impossible de ne pas vous en parler. A l’origine de cet article, il y avait une phrase : « c’est comme ça, on peut rien y faire ». A force de l’entendre d’une personne, ça m’a fait bondir. Il se trouve que j’écris finalement cet article aujourd’hui, après l’avoir laissé mûrir. Et que ça tombe comme une conclusion à ma récente réflexion et à ma nouvelle situation. 

 

Ces changements en surface, les plus évidents

J’ai toujours été assez conformiste. Je rentre facilement dans le moule, je suis les règles, je fais ce qu’on attend de moi. Et si on me demande si c’est vraiment ce que je veux, je vous répondrais que oui. Pendant longtemps, je ne me suis pas vraiment posé la question de mes envies profondes. C’est particulièrement valable concernant mon parcours scolaire et professionnel. Primaire, collège, lycée, école de commerce, 1er CDI, 2e CDI… Métier classique, statut cadre, rémunération dans la fourchette haute (par rapport au salaire médian français). Pour moi c’était normal. Idem pour le schéma amoureux : un copain, deux copains, trois copains, fiançailles, mariage, bébé, Scénic, maison, chien. Je suis très heureuse aujourd’hui comme ça mais parfois je me demande si c’est parce qu’on m’a inculqué que le bonheur c’est ça ou si c’est vraiment parce que c’est ce dont j’ai besoin. A certains moments de ma vie, il y a eu des grains de sable. 

Par moment j’ai eu envie de ruer dans les brancards. J’ai eu envie de faire autre chose, autrement. Mais il m’a semblé que j’avais plus à perdre qu’à gagner. Alors j’ai continué comme ça. Je crois qu’en grandissant, on réalise que rien n’est parfait, qu’il y a forcément du moins bon. A défaut de viser l’idéal, on recherche un optimum. Pour autant, ça ne veut pas dire qu’il faut se conforter dans des habitudes et des situations qui ne nous conviennent pas. Tout est question de point de vue il parait, mais au fond de soi on sait toujours. On sait si on est en train d’essayer de se convaincre ou pas. Ces derniers mois, j’ai souvent regretté mon orientation professionnelle. Mais quand je réfléchis aux raisons de cette amertume, c’est indépendant du métier. C’est plus le contexte, les conditions de travail ou l’entreprise. Je pourrais tout jeter, repartir sur autre chose. Mais est-ce la meilleure solution ? Je ne pense pas. Alors je change une partie de la situation. Optimum mais pas perfection. 

 

 

Ce genre de changement, ce sont peut-être les plus faciles. Quitter son boulot, quitter une ville, quitter ses parents pour de bon, au final c’est de la logistique. Ca peut paraître abrupt comme constat. Mais au fond, il n’est question que d’organisation. On planifie, on déroule sa to do list, on valide les étapes les unes après les autres. Il n’y a qu’à prendre le temps et puis ça roule. Parfois il y a des accrocs, parfois on a un coup de bol. Mais au final, ça finit par arriver. En soi c’est assez facile de décider ce qu’on fait de sa vie.

 

Mais le changement, c’est aussi en profondeur

Là, vous vous dites que j’ai dû fumer quelque chose de pas net. Que ce genre d’affirmation ne me ressemble pas. Quand je vous disais que le changement se fait… Je crois que je réalise simplement (plus ou moins en même temps que je vous écris) que le vrai changement, c’est celui qu’on opère en soi. Celui-là, c’est du costaud. C’est celui-là qui est difficile. Quitter quelqu’un c’est facile. Mais accepter de vivre seule ? Dire à haute voix « on n’est plus ensemble » ou « je suis célibataire depuis un moment ». Démissionner, c’est peanuts (et j’en suis à ma 2e alors je sais de quoi je parle). Mais assumer son statut de chômeur l’est beaucoup moins. Etre sans emploi sans trop savoir combien de temps ça va durer c’est différent. Financièrement, socialement, professionnellement, il faut être en accord avec soi même pour bien le vivre. 

En fait, le vrai changement, celui qu’il faut être prêt à faire, c’est en soi. C’est se regarder droit dans les yeux et dire « Aujourd’hui, je veux ça. Et je m’en tamponne de savoir ce que les autres vont en penser. Je fais ce qui est bon pour moi ». Pour ma part, c’est encore là que ça pêche. Il se trouve que la vie m’a filé un petit coup de pouce. Le « hasard » (ça fait un bail que je n’y crois plus) a trouvé utile de me mettre un coup de pied au cul. Jusqu’ici, le plus grand changement de ma vie s’est fait presque malgré moi. Les circonstances se sont toutes enchaînées comme sur des roulettes. Mais c’est presque d’autant plus frustrant de se retrouver coincée à la dernière étape. Parce qu’il n’y a personne pour m’aider. C’est à moi de faire bouger les choses dans ma tête pour qu’elles puissent bouger dans ma vie. 

 

 

Vous êtes nombreuses à m’avoir dit que cette période était nécessaire. Qu’il fallait que je souffle, que je prenne le temps de me retrouver pour pouvoir avancer sereinement. Et la clé est peut-être là. Changer mon point de vue et mon ressenti de la situation. Revenir à l’essentiel, prendre du temps pour soi, ouvrir son esprit sur certaines choses. C’est certainement bien plus enrichissant que des rester devant son ordi à faire F5 sur le site de l’Apec à attendre l’offre du siècle (qui ne vient pas ahahah). Quand on provoque un changement dans sa vie, il faut parfois des délais d’ajustement. Tout ne peut pas s’enchaîner parfaitement, sinon ça s’appelle vivre dans un Disney (Karen si tu passes par là !). Et ces périodes de transition sont probablement là aussi pour nous aider à faire le vrai changement, à l’intérieur, pour se recentrer sur l’essentiel. 

 

Alors a-t-on vraiment le choix ?

Je persiste à penser que « Je n’ai pas le choix » ou « C’est comme ça » n’est pas une réponse entendable. Bien sûr il y a des cas extrêmes, bien sûr certaines personnes n’ont pas le choix de certaines situations. Mais je pense que dans 80% des cas de figure, c’est bien souvent un paravent derrière lequel on s’abrite parce qu’on a peur. Le changement fait peur, prendre des décisions qui impliquent de grands changements aussi. Le tout est de savoir si le changement est plus risqué que l’immobilité.

Rester avec un conjoint alors que cela ne nous épanouie plus n’est ni juste ni sain. Rester dans un boulot qui nous rend malade n’est pas un choix de facilité mais un sacrifice qu’on s’impose. Se retenir de dire ce qu’on pense à quelqu’un n’est pas la solution. Ne pas s’offrir ce voyage dont on rêve parce qu’on n’a pas les moyens n’est qu’une face du problème. Refuser de se regarder dans le miroir tous les matins n’est pas une solutions durable. Ressasser sa solitude tous les jours ne résoudra pas le problème.

 

 

C’est à chacun de décider où il mène sa barque et ce qu’il fait de sa vie. Et j’aime à croire que seule la mort est définitive. On dit bien que tant qu’il y a de l’a vie, il y a de l’espoir. Alors n’arrêtez jamais de croire. Faites vous ce cadeau à vous-même. Dites vous que vous pouvez toujours changer les choses, essayer, tenter, échouer, recommencer, se lancer et même réussir ! Certains y verront du bullshit positif, une méthode Couet ou simplement de l’idéalisme. Je ne suis pas du tout adepte du développement personnel. Mais du haut de mes 27 ans, je réalise qu’on peut toujours changer les choses. Et que ce n’est pas parce que ça ne termine pas comme on l’avait prévu que ça se termine mal. Et le changement n’est pas forcément celui que vous envisagiez au départ.

 

 

 

9 commentaires pour “On a toujours le choix de changer les choses

  1. Je pense que la vie est faite de changements continuels. Il faut dire que c’est dans la nature humaine de ne jamais être satisfait de ce que l’on a et de vouloir toujours plus ou des choses différentes ! En tout cas ton article est une fois de plus très véridique : les changements en soi sont les plus importants et les plus constructifs de notre identité !

  2. Pas toujours facile le changement, et pourtant c’est souvent salutaire..; après tou, la vie, c’est le mouvement ! Et comme tu le dis, parfois un petit changement en entraîne d’autres auxquels on n’aurait jamais pensé, en cascade… Bravo pour avoir sauté le pas !

  3. Je pense que l’on ne peut pas profondément changer qui nous sommes, par contre nous pouvons changer notre regard sur les choses et notre manière de les appréhender, parce qu’au final, pour être bien, il n’y a pas forcément besoin de changer intrinsèquement (c’est l’histoire la chèvre, de la corde et du piquet). Mais changer son regard sur soi, sur le monde, c’est déjà changer la manière dont on appréhende ce monde et les choses qui nous arrivent, et c’est déjà beaucoup !

    Tu dis que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir et j’ajouterais que l’espoir fait vivre : voilà qui nous fait un bon petit cercle vertueux à exploiter ! 😉

    1. Sans changer toute la situation, on peut parfois changer un élément à droite à gauche et ça peut entraîner d’autres changements derrière 😉

  4. J’ai un parcours assez similaire au tien, au moins pour les études. Tout s’est enchainé facilement, une sorte de suite logique de mon parcours. J’en suis à un moment charnière de ma vie et je me pose plein de questions. Qu’est-ce que je veux faire après ? Commencer à travailler tout de suite ou prendre son temps ? Le changement, quand on doit prendre de vraies décisions, c’est pas facile! Mais c’est aussi comme ça qu’on arrive à savoir ce que l’on veut vraiment, non ?

    1. Parfois un petit changement en provoque plein d’autres en cascades derrière. Il faut avoir le courage d’aller au bout de ses choix ! Et effectivement, ce n’est pas facile. Mais dis toi que rien n’est irrémédiable 😉 Quel que soit le choix que tu fais, tu pourras toujours changer d’avis.

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