Cette nouvelle vie que tu as tant voulu… mais qui fait peur

 

Je crois que pour tout le monde, le changement est quelque chose qui fait peur. Ca peut être excitant mais il y a aussi une part d’inconnu, plus ou moins grande qui pour ma part me terrifie. On dit que l’herbe est plus verte ailleurs mais on dit aussi qu’on sait ce qu’on laisse et pas ce qu’on va trouver. Quand nous avons décidé de changer de vie et de quitter Paris, nous avons fait un pari. Un pari sur l’avenir, un pari sur les statistiques. Et aujourd’hui, qu’en est-il du résultat ?

 

Le changement du quotidien

Notre quotidien a forcément changé et c’est surtout valable pour moi. J’ai arrêté de travailler 3 semaines avant notre date de départ. On était encore dans notre appartement, je faisais des cartons, je voyais des gens. Autant dire que je voyais ça comme des vacances. Au fond, ça ne changeait pas grand chose. Et puis le jour J est arrivé.

Les premiers jours ont été bien occupés forcément : nouvel appartement, des cartons partout, du rangement, du ménage… On avait largement de quoi faire. Monsieur avait une semaine de congés pour gérer tout cela au mieux donc on était tous les deux pour nos visites quotidiennes chez Leroy Merlin, pour déjeuner le midi ou pour organiser le lendemain. Monsieur a pris son nouveau poste le 3 avril. Et moi, je suis restée à la maison. Depuis ce jour là, les journées sont plutôt monotones et souvent les mêmes. Il part travailler le matin, me laissant toute la journée devant moi. 

 Je suis très heureuse que nous ayons franchi ce cap, que nous ayons eu le courage de nous lancer. Je ne suis pas spécialement inquiète pour l’avenir. Même si ma situation devait se prolonger, nous sommes à l’abri du besoin financièrement, nous avons un toit (et des voisins bruyants au dessus) et nous avons quand même une belle vie au soleil (la plupart des jours). Alors qu’est ce qui coince ?

 

 

Ce changement qu’on ne contrôle pas

Je ne suis pas faite pour rester toute la journée à la maison. Voilà, c’est ça le problème en fait. Le matin, Monsieur s’en va. Et quand je me lève, je vois cette nouvelle journée qui commence, sans vrai but, sans vrai programme, sans contact avec qui que ce soit. J’ai toujours souligné l’importance du travail pour moi, à quel point il est essentiel à mon équilibre. Autant quand il devient trop lourd et contraignant, il porte atteinte à mon bien être. Mais quand il se passe bien, il me permet de m’épanouir. 

Au fond, le travail est la clé de tout ici je crois. Certains se diraient sûrement que des vacances sans date de fin, c’est le pied. Qu’être payé (par Pole Emploi) à ne rien faire de ses journées, bah y a pas de quoi se plaindre. Je ne suis pas à plaindre et je le sais. Mais je ne me complais pas dans cette situation, ce n’est pas moi. Etre femme au foyer ne me correspond pas. J’ai de quoi occuper mes journées, je ne les vois pas passer pour tout vous dire. Mais j’ai l’impression de ne servir à rien. Il y a ce boulot que je n’ai pas eu. Ca s’annonçait super bien, ça faisait un moment que c’était lancé mais je me disais que le timing allait être parfait. Et puis il y a quelques jours, le téléphone sonne et on me dit « tu es excellente, c’est évident. Mais on ne va pas donner suite, on va prendre l’autre personne ». Euh. OK. Bon… Retour à la case départ, sans autre piste concrète. Ce n’est pas facile de rebondir. 

La solitude est quelque chose que j’apprécie, régulièrement. J’ai besoin de ces moments à moi, pour faire ce que j’ai envie, sans rendre compte à personne, sans déranger. Juste me perdre dans mes pensées ou au contraire être concentrée sur quelque chose. Pour autant, être seule toute la journée depuis 3 semaines n’est pas forcément une partie de plaisir. Je ne vois personne entre 8h et 19h. 11 heures par jour, je suis comme une souris dans sa boite. Je ne connais personne à Toulouse et j’ai du mal à aller au devant des gens sans raison particulière. Chéri voit du monde au boulot, il y a déjà des prénoms qui sont devenus quotidiens dans ses récits. Il rentre tous les soirs, me raconte sa journée et prend le temps de me demander ce que moi j’ai fait. Mais comment vous dire à quel point mes journées me paraissent futiles…

 

 

Provoquer le changement 

Certains jours, le moral en prend un coup. Comme ces jours où il pleut, où la recherche de boulot n’avance pas et où je passe la journée entre quatre murs. Ces jours où j’ai le sentiment de ne rien contrôler et que je n’ai pas la main sur mon avenir. L’absence de contrôle me fait vraiment peur, je déteste m’en remettre à une force invisible qui dictera ce que sera mon lendemain. Ce boulot que je cherche et qui ne vient conditionne beaucoup de choses. Sans lui, pas d’achat de maison, pas d’installation « définitive ». Pas de nouvelle vie sociale, pas de journée structurée et de routine rassurante. Pas de planification de vacances ou de quoi que ce soit les prochains mois. 

Alors ouai, certains jours, j’ai envie de me rouler en boule sous ma couette et d’attendre. Ou de me réveiller le jour où ce sera bon. Il y a des jours où je me demande pourquoi j’ai pris le risque de lâcher mon boulot en CDI que je détestais pour être au chômage et dans l’incertitude totale sur mon avenir professionnel. Certains jours je pète un plomb à me parler toute seule dans ma tête dans la journée, à écouter les voisins ultra bruyants au dessus. Certains jours c’est pas la joie du tout. Et quand Monsieur rentre et qu’il me dit « t’as fait quoi aujourd’hui? », je réponds « rien de spécial / particulier / intéressant ». Certains jours je me dis que c’est tout simplement que je ne suis pas à la hauteur. Que si j’avais un meilleur CV, on m’aurait déjà appelée, répondue, contactée. Ou que je n’ai pas la force de caractère qui convient.

Et pus il y a des jours où en ouvrant les volets, je vois un grand soleil dans un ciel bleu. Et je me dis que c’est un peu à l’image de ma vie. Alors ouai, certes, j’ai toujours pas de boulot au bout d’un mois ici. Mais au final, je crois que c’est plutôt rare des postes de cadre qui tombent du ciel pile poil au moment où vous cherchez. Je me dis que si je n’ai pas eu ce job, c’est pour une bonne raison. Au fond de moi, j’avais des freins, des réticences et ça aurait fini par coincer. La vie a juste voulu me rappeler qu’un ne prend pas un job par dépit, sinon on revit encore et toujours la même situation. Et puis je me dis aussi que ce chômage, c’est l’occasion d’apprendre à prendre le temps. De me laisser un peu porter, pour une fois. De faire ce que j’ai envie de mes journées, de rester chez moi si j’ai envie, de sortir prendre l’air si je le veux. Le changement doit aussi s’opérer à l’intérieur de moi. 

 

 

Parfois ce n’est pas facile, mais il faut se souvenir pourquoi on l’a fait. Et se dire que si on ne contrôle pas tout, il y a toujours une bonne raison. Rome ne s’est pas faite en un jour et le vrai changement prend du temps. Tout vient à point pour qui sait attendre.

 

 

 

 

29 commentaires pour “Cette nouvelle vie que tu as tant voulu… mais qui fait peur

  1. Bonjour, je tombe un peu par hasard sur ce billet. La ville rose je connais, 6 ans qu’on a quitté la région parisienne et niveau travail, cela n’a pas été un long fleuve tranquille. CDD, chômage, reconversion et puis un jour, la chance a souris. Heureusement, parce que pour moi aussi, la vie de femme au foyer n’est pas un idéal… Alors courage ! Et si je peux aider, je ne sais pas, en diffusant peut être un cv, alors ce serait volontiers. En attendant, il ne faut pas perdre espoir !

    1. Je m’accroche mais certains jours (quand les recruteurs n’appellent pas, quand on n’a pas la réponse d’un entretien, quand il n’y a pas d’offre, quand on constate que le temps passe…), le moral en prend un coup.
      Mais je suis déjà bien plus sereine qu’il y a quelques semaines. J’espère que ça va prochainement se débloquer !

  2. Bonjour Asylis,
    C’est dur, le changement! Très dur, tu t’en rends compte tous les jours et ce depuis le début de votre nouvelle aventure…

    Ne pas maîtriser les choses, perdre son confort d’avant si difficilement obtenu est encore plus compliquer à accepter, surtout lorsque la situation n’évolue pas.

    Je suis dans ton même cas de figure et je suis très pessimiste de nature, alors la vie a pris un goût amer depuis que les « vacances » sont terminées et que la réalité a repris ses droits.

    Je ne sais pas dans quoi tu travailles et je ne prétends pas détenir la vérité ni les meilleurs conseils, mais étendre ton champs d’action et de recherche, capitaliser sur tes capacités, tes connaissances extra-professionnelles: peut-être que ça t’ouvrirait d’autres portes?

    J’ai tout quitté en septembre dernier: je me suis retrouvée seule dans une boîte sans collègue, sans rien de beau à raconter le soir, sans amis, sans famille, seule avec Monsieur qui lui connaît du monde, travaille beaucoup…

    J’ai décidé d’arrêter de travailler pour me lancer dans un projet qui me tenait à coeur depuis longtemps.
    Je vais essayer et encore une fois je remets tout en question, mais j’y crois, les hauts et les bas font très peur, mais j’ai un nouvel objectif et je sais que je vais rencontrer du monde.

    Ne baisse pas les bras, même en temps de pluie, car le calme revient toujours après la tempête! 😀
    Valérie

    1. Je creuse dans cette voie là. Après, mes passions ne deviendront jamais un métier, c’est un choix personnel. Et puis ça n’a rien à voir avec ce que je fais actuellement.
      Pour le reste, mes compétences connexes disons, c’est un peu ce que je cherche à faire en ce moment. Ce blog, mes connaissances en digital, mes connaissances en photos et images, etc… Autant de choses que j’essaie de mobiliser actuellement mais le marché reste compliqué. J’espère que ça bouge dans les prochains jours.
      Merci pour ton passage ici et bon courage de ton côté !

  3. Courage ! Ces moments ne sont pas faciles, mais essaie d’en tirer le meilleur… Je déteste attendre, de manière générale, mais c’est parfois indispensable. D’autant plus que lorsqu’on démarre dans une nouvelle ville/vie, il faut le temps que les choses se mettent en place… J’espère que tu trouveras vite le job de tes rêves en tout cas 🙂

    1. C’est assez curieux parce qu’autant je suis très patiente pour certaines choses, autant pour d’autres, pas du tout.
      Je crois que ce avec quoi j’ai le plus de mal, c’est le manque de contrôle en fait. C’est ça qui est vraiment dur.
      Mais au final, je me rends compte depuis quelques jours / semaines que je lâche prise petit à petit !

  4. Je me permets de t’adresser ce texte que je t’ai écrit car j’ai vécu une situation similaire.

    La situation que l’on vit dans l’instant présent ne sera comprise que plus tard, ça sera la leçon.
    Cette situation n’est pas définitive, elle changera un moment donné quoi qu’il en soit. La seul personne pouvant faire que la situation évolue est sois même. Rien arrive quand on le souhaite, ça serait tellement facile mais surtout tellement ennuyant. Il faut cependant durant ces périodes de creux garder l’espoir et la joie, ne pas offrir trop de place à la négativité. On peut pendant ces périodes en profiter pour analyser notre vie et comprendre. Comprendre que si on en est là c’est qu’on l’a décidé comme on décide du changement. Il faut aussi voir tous les aspects positifs qui t’entoure, nouvelle vie (combien en rêve), nouveau projet (passionnant), tu as quitté ton boulot en cette période difficile pour l’emploi (sacré courage), un conjoint… j’en suis sûr en y réfléchissant bien tu trouveras tellement de choses positives autour de toi.
    Le lien social revient quand on décide d’agir pour les autres et plus simplement pour sois. Ce rendre utile avec amour est le moteur de notre cœur. Alors il faut sourire au monde, aux personnes que l’on croise, se rendre agréable. Pourquoi pas s’investir dans une association ou autre, tout est possible. Spinoza a écrit quelque chose comme « la puissance d’agir augmente la puissance d’exister ».
    Le temps passe trop vite pour vivre en retenue surtout quand on est lucide sur tout ce qui peut se passer dans ce monde.
    Alors en attendant de t’épanouir dans le nouveau travail que tu trouveras, il faut que tu en profites pour continuer de vivre avec le plus de joie, d’optimisme et d’amour possible.

    1. Merci Thomas pour ce joli message ! Il colle parfaitement avec mon état d’esprit du moment.
      A un détail près… J’ai beaucoup trop souvent pensé aux autres avant de penser à moi. Et justement, il est peut-être temps d’apprendre à penser à moi, faire le point sur MES priorités.

      1. Bien sûr il faut être sa première priorité, trouver ce qui te rendra heureuse, c’est essentiel! Mais l’échange avec d’autres ne va pas que dans un sens, on peut donner mais on peut aussi recevoir. L’aide extérieure peut nous aider à grandir ou à comprendre 🙂

  5. Vos mots sont si justes pour quelqu’un qui a vécu ça avant…. j’ai été celle que vous décrivez, à l’étranger, en expatriation, mais pas de mon fait!…. aujourd’hui je suis à Toulouse… alors si vous avez envie de papoter!… j’ai mes pauses déjeuner (parceque oui, j’ai retrouvé du travail!!!!)

    1. L’expatriation, c’est encore différent et pour le coup, je crois que je n’en serais pas capable. Surtout dans un pays dont on ne parle pas la langue. Merci pour votre message et peut-être à bientôt !

  6. Toutes ces phases de changement ne sont pas faciles du tout à vivre, mais souvent elles sont nécessaires pour aller vers quelque chose de mieux. Au bout des longues semaines de recherche se trouve probablement un CDI dans un boulot que tu adoreras (et sans clients trop relous)

    1. C’est ce que j’essaie de me dire ! Et j’espère qu’au terme de tout ça, je verrai une raison à ce délai, qu’il m’aura apporté quelque chose !

  7. Comme je comprends à 100% ce que tu nous racontes ici…puisque je suis dans le même cas que toi. Par contre, ma situation dure depuis plus longtemps et ce n’est pas facile tous les jours. Il faut dire que le marché de l’emploi est pas spécialement au beau fixe non plus ce qui n’aide pas…gardons tout de même espoir, on finira bien par décrocher un chouette boulot ! Bisous

    1. Plusieurs personnes m’ont dit que le marché repartait. Mais je ne sais pas si c’est valable dans tous les secteurs. Donc on patiente ^^

  8. Tes mots me font penser à ce que moi aussi j’ai pu ressentir Et aujourd’hui je me sens plus active Et puis nous on est là ! 😉 Courage miss Oui tout arrive a point nommé Je ne suis pas inquiète pour toi Profite de ce temps pour toi A très vite !

    1. Tout le monde me dit ça « je ne m’inquiète pas pour toi ». Mais je serais quand même curieuse de savoir pourquoi et comment ils peuvent dire ça ! Parce que moi je suis inquiète ^^

      1. C’est vrai je ne te connais qu’a travers ton blog mais quand je vois tout ce que tu entreprends ici je perçois ton envie, ton énergie et ta force de vie Et pour moi ce sont de sacré atouts pour réussir 🙂 Courage ! Ton engagement paiera <3

        1. Merci beaucoup pour tes mots ! Je ne me perçois pas du tout comme ça… le problème vient peut-être de la !

  9. Pas facile tous les jours, en effet ! Peut-être peux-tu trouver une association ou un club autour d’un de tes centres d’intérêts pour rencontrer des gens et commencer à te créer un cercle d’ami(e)s 🙂 Pense aussi aux réseaux du type Couchsurfing, qui permettent de rencontrer des personnes qui connaissent le coin et qui sont disposées à te le faire découvrir, ou simplement partager un moment autour d’un verre.
    Ce qui n’empêche pas de trouver le job de tes rêves en parallèle 😉

    1. Pas facile d’intégrer des clubs, associations ou cours sportifs en milieu d’année, surtout en fin de saison.
      Mais j’ai peut-être une idée qui me permettra de voir du monde et me rendre utile 🙂

      1. C’est sûr qu’en cette période, c’est moins facile qu’en septembre… Et puis, l’autre frein peut être financier s’il s’agit de clubs payants. Je te souhaite que ton idée fonctionne et que tu rencontres des personnes formidables 🙂

  10. Personnellement, ça me semble vraiment important de faire une pause, notamment pour clore le chapitre précédent et en ouvrir un nouveau plus sereinement.
    J’espère que tu trouveras ce que tu cherches en temps voulu. En attendant, cela t’oblige un peu à te retrouver seule avec toi-même. Cela à parfois du bon 🙂

    1. Le chapitre précédent en l’occurence, la page est belle et bien tournée. Les circonstances ont fait que ça a été très facile pour moi et que quelques jours plus tard, je n’y pensais déjà plus. Mais ce temps me permet de faire le point sur mes vraies envies. Et ce poste que je n’ai pas eu, je crois que c’était une façon de me rappeler que j’ai le temps et que je dois choisir un boulot en étant 100% sûre de moi.

  11. J’imagine que cela ne doit pas être simple tous les jours mais c’est probablement un passage obligé… Je te souhaite vivement de trouver rapidement le job de tes rêves dans la ville rose !
    Cécilia

    1. Effectivement, je pense que tout le monde en passe plus ou moins par là, à moins d’avoir de la chance !

      Merci 😉

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