Manager : à quel moment c’est parti en live à ce point ?

 

Titre volontairement provocateur pour cet article. Oui oui. Aujourd’hui, j’ai envie qu’on cause un peu de boulot et surtout d’environnement au travail. Certains trouveront ça ironique de ma part, moi qui suis chômeuse depuis… un mois tout pile à l’heure où je vous écris cet article (quoi… déjà ??!!). Si j’ai eu envie de vous parler de management aujourd’hui, c’est parce c’est devenu pour moi un critère prépondérant dans la recherche de mon nouveau poste. Demain (quand j’écris cet article, donc hier quand vous le lirez…. z’avez compris ?) j’ai un entretien pour un peut-être futur boulot. J’attends beaucoup de cet entretien et en même temps, je flippe énormément. Bref. 

 

Le management : qui, quoi, pourquoi ?

Avec mes 4 années d’expérience dans le monde merveilleux de l’entreprise, j’ai eu le temps de croiser différents profils de manager. Et force est de constater que c’est loin d’être le pays des Bisounours. Avec le temps, j’ai aussi pris du recul et j’ai eu l’occasion d’en parler avec différentes personnes, qu’elles soient manager ou non. J’ai eu ce besoin d’en parler parce que je commençais à me demander si c’était moi qui avais trop d’attentes, si j’étais complètement à l’ouest. Mais en discutant, je me suis rendue compte que… bah souvent c’était les managers que j’avais croisé qui chiaient dans la colle. 

J’ai eu l’occasion d’en parler avec ma maman déjà. Elle a géré différentes équipes, dans différents contextes. Très régulièrement quand je lui racontais des épisodes de stage ou de mon quotidien au boulot, elle hallucinait un peu. Que ce soit la façon de parler, les réponses qui sont données ou les décision prises, ça ne choquait pas que moi. J’ai aussi beaucoup discuté de la question avec mon psy forcément. Quand vous faites un burn out, sans surprise, le management a nécessairement une part de responsabilité. On ne vas pas tout revoir en détails, vous pouvez trouver l’histoire ici. Enfin, la personne avec qui j’en ai le plus parlé récemment, c’est une ancienne nouvelle collègue. Elle a rejoint mon ancienne société quelques mois avant que je parte. Ayant 25 ans d’expérience et géré sa boîte pendant 10 ans, elle savait un tantinet de quoi elle parlait. 

 

 

Si on regarde dans le dictionnaire, manager une équipe a pour définition « Conduire une équipe de travail en définissant les priorités et les méthodes permettant de réaliser les objectifs d’une entreprise. ». Mouai. Un peu réducteur nan ? Dit comme ça, ça sonne très simple, il suffit de faire le chef, d’appliquer des méthodes et d’avoir un objectifs. Sauf qu’on sait tous que la réalité est toute autre. Je pense sincèrement qu’être manager ne s’invente pas. On peut apprendre à être manager mais bien souvent, ça repose sur des qualités innées. C’est comme quand vous choisissez un métier : on peut choisir un métier et l’apprendre mais pour que ça marche, il faut des aptitudes naturelles. 

 

Un mauvais manager, c’est si grave que ça ?

Prenons un exemple assez simple, volontairement exagéré (toute ressemblance avec une personne existante n’est absolument pas fortuite) : 

Michel, le vieux qui croit encore à l’ancienne école, les petits jeunes ont toujours tort. De toute façon, tous ces gosses de riches sortis d’écoles de commerce qui veulent des postes de cadres avec des salaires de ministre et des horaires de fonctionnaire, on sait où ça mène. Alors soyons clair : les stagiaires ils ont là pour apprendre, pas pour être payés (même s’ils remplacent les congés maternité ou les CDD qu’on ne veut pas embaucher). Les salariés, bah ils ont déjà bien de la chance qu’on les ait pris, donc ils sont priés de faire à minima 9h 18h30, surtout les cadres et même s’ils ont rien à foutre. De toute façon, le boss a toujours raison et s’il est pas d’accord, il a droit de gueuler à faire vibrer les vitres, parce que c’est vrai quoi, sinon à quoi bon être chef ? Et puis pour les évolutions de carrière, on verra plus tard, c’est pas franchement important. 

Là, on tient une pépite je crois : 0 psychologie, 0 envie d’oeuvrer pour son équipe, des idées toutes faites dans la tête, pas le temps et pas l’envie de gérer de l’humain. Ma-gni-fique. Je vous entends rigoler mais si vous réfléchissez deux minutes, je crois qu’on en a tous déjà croisé des comme ça. Et pour une bonne cause : ils sont nombreux. Certains n’ont pas tous le « talent » de Michel, mais ils sont dans sa lignée.  Pour ma part, j’en ai croisé plusieurs malheureusement. 

 

 

Du haut de mon jeune âge, je constate qu’il y a un vrai problème avec les managers en France. Bien souvent, ce sont des gens qui sont montés dans la hiérarchie et puis un jour, on leur a mis une équipe dans les pattes (« Tiens, mon gars, c’est cadeau ! ») sans formation ni accompagnement. Qu’ils aient envie ou pas, ils ont du devenir capitaine de leur petite barque et faire en sorte que ça marche. Ils ont les responsabilités : atteindre les objectifs, gérer les conflits, faire évoluer les gens. Mais ils n’ont aucun pouvoir : pas de budget, pas le temps, pas le pouvoir de prendre certaines décisions. C’est moche. Donc les Michel, Gérard et autres Louis se retrouvent pris en sandwich, à faire bon gré mal gré. Ils essaient de faire cette partie de leur job, que certains détestent, parce qu’on leur a dit qu’ils doivent le faire.

 

Un bon manager c’est quoi ?

Prenons un autre exemple, toujours un peu exagéré (pour ne pas dire fantasmé) :

Jason, le manager dont tout le monde rêve. Ouai, déjà Jason est cool. Il a bien compris que de toute manière, plus tu gueules moins on t’écoute. Alors il donne de son temps et de sa personne. Il fait en sorte que chacun trouve sa place dans l’équipe. Il apprend à connaitre chaque personne de son équipe et ça lui donne un foutu avantage. Il sait comment fonctionne chacun donc comment en tirer le meilleur. Jason amène le petit dèj quand il a temps de passer à la boulang’ le matin. Ca ne remplace pas une semaine de vacances mais ça créé des moments sympa, de la cohésion, ça rappelle qu’on est des êtres humains avant d’être des salariés. Sa porte est ouverte et si t’as besoin de lui, il finira toujours par trouver un moment. L’avantage c’est que quand tu vas le voir, tu sais qu’il ne va pas te baratiner. Tu peux lui parler franchement, il ne va pas te raconter de salades de son côté. Le secret de Jason ? C’est un leader naturel, qui sait écouter et qui a deux grammes de psychologie.

C’est bien beau de dire « oui ça va pas, de toute façon, Michel, il est archi naze comme manager ». Mais si demain, Michel s’en va et qu’on nous donne sa place, qu’est ce qu’on ferait nous ? Déjà est-ce qu’on a envie d’être manager ? Pas pour le salaire et les avantages hein ! Est-ce qu’on a cette petite fibre de leader qui fait qu’on a envie de faire avancer les autres ? Si c’est pas le cas, est-ce qu’on serait capable de dire merci mais non merci, pas trop mon kiffe ? 

 

 

Pour ma part, je crois que le bon manager c’est celui qui aime les gens. Je pense vraiment que c’est possible en entreprise. Ca ne veut pas dire aimer tout le monde, on a tous ses têtes. Mais ça veut dire aimer échanger, rencontrer, écouter. Le bon manager c’est celui qui prend le temps d’écouter vraiment pour comprendre, pour connaitre. C’est celui-ci qui fait preuve d’empathie et qui connait le quotidien de ceux qui travaillent sous lui. Ca ne veut pas dire qu’il sait faire leur job. Mais il sait au moins de quoi il retourne, les contraintes, les méthodes. Grâce à tout ça, le bon manager sait comment chacun fonctionne. Il connait les motivations et sait les mobiliser pour faire avancer. Il pousse chacun de la bonne manière pour générer la performance, pousser au dépassement de soi et créer la progression. 

 

A toi, mon futur manager

Alors à toi, manager de mes rêves, j’espère qu’on va se rencontrer très vite. Je sais que comme ça, je peux paraître chiante exigeante. Mais crois moi, ça en vaut la peine. Je ne cherche pas un amoureux (j’en ai déjà un super), je ne cherche pas un papa (j’en ai un aussi) et je ne cherche pas un pote (même si on ne sait jamais ce que la vie nous réserve). Non, je cherche un mentor. Je cherche cette personne qui saura voir mon potentiel, presque mieux que moi, et qui saura m’aider à atteindre mes objectifs et les dépasser. 

 

 

Je ne demande pas être payée des millions pour prendre mon petit déj au lit, bosser 3h par jour et n’en faire qu’à ma tête. En revanche, si je mets mes compétences, mon expérience, ma motivation, mon temps et mon énergie à ta disposition, je veux que ça serve à quelque chose. A toi comme à moi, il faut que ça nous rapporte quelque chose. Alors oui, je suis sensible, émotive, mais j’en ai sous la pédale à ce qu’on dit. J’ai besoin d’encouragement, de reconnaissance mais tout ça, je le transforme et je le réinvestis. Et puis, tant qu’à faire, j’aime autant qu’on soit honnête l’un avec l’autre. La transparence, tout le monde y gagne. 

Alors si tu passes par là, je t’attends. Avec impatience. Bisou!

 

[Petite dédicace à cette personne qui ne lira pas cet article mais qui aurait rempli ce rôle à merveille. Merci d’être passée dans ma vie.]

 

 

 

 

8 commentaires pour “Manager : à quel moment c’est parti en live à ce point ?

  1. Comme toi, je crois qu’un manager doit aimer les gens…mais c’est tellement devenu de plus en plus rare ! Les gens courent tellement tous après leurs intérêts perso qu’ils oublient complètement les autres autour…c’est bien dommage !
    J’espère que ton futur manager sera le mentor dont tu rêves 😉

    1. J’espère aussi !
      Et le boulot que je n’ai pas eu il y a quelques jours, je crois que ça n’aurait pas été ce genre de manager. Alors au final …

  2. J’espère pour toi que tu auras un manager top dans ton prochain boulot. C’est tellement important pour travailler dans de bonnes conditions.

    1. Je crois même que ça change tout !
      Et ça peut même compenser une rémunération pas extraordinaire ou des avantages absents. Parce que le travail devient agréable et pas simplement une contrainte, un devoir.

  3. Mon mari est manager. Je considère mon ancienne directrice comme une manageuse. Tous deux sont, selon moi, faits pour ça.
    Mon mari, parce qu’il RESPECTE les gens. Il ne se prend pas pour un chef, mais pour un conducteur. Il prend en compte la personnalité de chacun, sans perdre de vue la dynamique du groupe. Il est proche de ses collègues, s’intéresse réellement à eux et à leur vie. Et ils le lui rendent bien. Il est très apprécié. L’ambiance de travail est bonne.
    Ma directrice, parce qu’elle a toujours su prendre en compte les opinions de chacun, sans oublier de trancher quand il le fallait. Elle savait ne pas rentrer dans les petites querelles, aplanir intelligemment les différends, sans jamais faire valoir une quelconque supériorité.
    Des gens inspirants. Des gens respectueux, respectés et respectables. Je te souhaite sincèrement de croiser leur clone sur ta route. Car oui, c’est possible, ça existe. Bonne chance.

    1. Je vois que nos avis se rejoignent complètement !
      J’espère effectivement croiser un manager comme ça un jour 🙂

  4. J’adore ton article, je suis tout à fait du même avis que toi. Je bosse dans une « grosse » boite basée dans une petite ville. On voit passer de tout… Du manager qui vient d’une multinationale au petit gars qui se retrouve là un peu par hasard, parce qu’il n’a pas su dire non. Rarement des managers qui prennent leur rôle de leader à cœur. C’est dommage car savoir porter et travailler avec son équipe, ça facilite tellement les choses. Mais ça demande un investissement que peu de gens sont prêts à mettre malheureusement :-/

    1. Effectivement, manager est presque un métier à part entière. Sauf que bien souvent, je pense que les managers ont d’autres responsabilités en plus. Donc forcément ils ont du mal à tout concilier…

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