La France, pays de la solidarité et des aides sociales

 

La politique et moi, ça fait 32. J’ai bien conscience que c’est important mais j’ai du mal à m’y intéresser. Je vote, j’essaie de faire les meilleurs choix possibles et souvent ça s’arrête là. Cet article n’aura donc pas de couleur politique particulière. Maintenant que je vous ai dis ça, entrons dans le vif du sujet. Le propos de cet article a germé dans mon esprit quand une baisse des APL a été annoncée. Les réactions ont été pour le moins virulentes. Personnellement, je ne suis pas concernée mais ça m’a fait m’interroger sur les aides sociales dont on dispose en France.

 

La France, championne du monde des aides sociales. 

Et oui, vous avez bien lu. La France est le pays dispensant le plus d’aides sociales au Monde. On ne parle pas juste de l’Europe, on parle de l’ensemble de la planète. Je trouve ça juste énorme et en consultant ces chiffres, ça m’a confortée dans ma vision des choses. Il faut s’avoir que la France propose plus de 30 aides sociales, pour tous types de besoins : logements, santé, mobilité, revenus minimum, famille, étude, … En 2014, c’est près de 32% du Produit Intérieur Brut du pays qu’on a investit dans des aides sociales. A titre de comparaison, l’Allemagne dont on envie souvent le modèle se limite à 25% et la Finlande, seconde du classement, est à 31% d’investissement. La moyenne est de 21% et pourtant, le taux de la France ne cesse d’augmenter.

 

 

Personnellement, je reste ébahie par le nombre d’offres disponibles. Je pense que tous les Français, pour une raison x ou y ont bénéficié ou bénéficieront un jour d’une aide sociale. En fait, il y a tellement d’aides disponibles qu’on s’y perd. Et un Français sur deux ignoreraient ses droits en termes d’aides sociales. Actuellement en France, quand vous avez un enfant, vous touchez des aides. Quand vos enfants font des études, ils touchent des aides. Quand vos enfants veulent passer le permis, ils peuvent avoir des aides. Quand vous êtes malades, on vous aide. Le chômage frappe à votre porte? Encore des aides. Vous n’avez jamais travaillé, on vous aide aussi. Vous êtes parents célibataires ? On vous aide. 

 

Des aides, oui mais pourquoi ?

Pour replacer le contexte de cet article, il y a quelques mois, le gouvernement a annoncé une baisse des APL de 5€. On a vu une levée de boucliers et on a entendu des hurlements un peu partout. Mais est-ce que ces mêmes personnes se sont demandées pourquoi elles avaient droit à cette aide ? Depuis quand est-ce un dû qu’on vous aide ? Je tiens quand même à rappeler que ces aides sont dispensées sans aucune contre-partie. Il n’y a qu’à remplir un dossier en ligne. Et ensuite c’est 20 à 40% (en moyenne) de votre loyer qui est payé tous les mois par l’Etat.

 

 

Idem, quand nous avons un enfant, on nous donne une prime. Quand nous avons notre 3e enfant, on nous accorde une aide jusqu’à ce que nos enfants atteignent un certain âge. Là encore, aucune contrepartie exigée, juste remplir un dossier. Mais nous sommes nous demandé pourquoi ? Pourquoi l’Etat assume-t-il une partie de nos charges quand NOUS avons décidé d’avoir un, deux, trois ou plus d’enfants ? Si je pousse le raisonnement plus loin, on attend donc que l’Etat assume nos responsabilités de parents. Pour moi, prendre ces aides et trouver encore à redire, ça revient à mordre la main qui me nourrit. 

Quand nous sommes malade, notre salaire est maintenu pendant un certain temps. Cela nous permet de récupérer et dans certains cas, de nous concentrer uniquement sur notre bien être. En France, nous avons la chance d’avoir 5 semaines de congés payés, que nos frais de santé soient largement pris en charge. Si on compare avec les Etats Unis où les frais de scolarité sont démentiels, que les frais de santé sont à la charge de chacun ou d’autres pays ou le chômage n’existe pas, trouve-t-on vraiment encore à redire. A titre d’exemple, à Dubaï, la consultation chez un médecin généraliste coûte 200$. Qui viennent uniquement de la poche de chacun. 

 

Et si on arrêtait la mauvaise foi pour être un peu plus conscients de notre chance ?

Cet article n’a pas pour but de culpabiliser qui que ce soit. Je suis la première à râler tous les mois quand je vois mes impôts prélevés. Et je râle encore quand tombe la taxe d’habitation, quand je vois le prix de certains services. Mais parfois, comme en fin d’année dernière quand j’ai arrêté de travailler pendant un mois et que mon salaire a été maintenu, je suis reconnaissante. Je n’ai pas foutu les pieds au boulot pendant un mois, j’ai pu penser à moi, prendre le temps dont j’avais besoin pour remonter la pente. Et pendant ce temps là, l’Etat a compensé ma perte de salaire. L’Etat a pris soin de moi. Ca peut choquer certains de le voir écrit comme ça, pourtant c’est le cas. 

 

 

En France, on parle d’Etat providence. Et le mot est juste.  Chacun voit la situation depuis chez lui. Mais l’Etat doit gérer l’ensemble du pays et pourvoir à tous les besoins. Je n’aimerais pas être à leur place parce que bien souvent pour donner à Paul, il faut prendre à Jacques. C’est un jonglage permanent qui fait nécessairement des mécontents et tout le monde voit toujours sa situation comme la plus préoccupante. 

Pour moi, les aides sont accordées trop facilement dans certains cas. Preuve en est le fait que pour certains, il est plus rentables de rester chez eux à percevoir des aides que d’aller travailler. Et j’ai été éduqué selon des principes qui font que tout se mérite. Les aides accordées aux étrangers restent un débat que je n’aborderai pas ici mais ça fait aussi partie de la question. Je trouve aussi qu’il y a trop d’aides. Certaines ne correspondent pas à un vrai besoin mais bien à un confort supplémentaire qu’on nous offre. C’est malheureux mais quand on n’a pas les moyens de les assumer, on ne fait pas x enfants. Quand on fait un enfant, c’est pour l’assumer. On n’attend pas des autres qu’ils nourrissent, habillent, logent et éduquent son enfant. Et de la même façon, quand on ne travaille pas pour x ou y raison mais que l’Etat nous donne de quoi avoir un toit et manger, on dit merci. On ne tape pas sur les politiques.

 

 

Alors si parfois vous avez le sentiment que l’Etat est injuste, qu’il vous prend plus qu’il vous donne… Posez-vous quelques instants. Repensez à toutes ces fois où vos dépenses ont été allégées, même parfois sans que vous vous en rendiez compte. Et demandons-nous peut-être si nous sommes vraiment à plaindre 😉

 

 

22 commentaires pour “La France, pays de la solidarité et des aides sociales

  1. Tu m’etonnes qu’il y ait autant de chômage ou de personnes au rsa. Faudrait être con pour aller bosser pour 1000€, payer toutes tes charges ect. Tu fais 5 gosses, tu te met en parent isolés, tu restes au rsa, tu te fais tout payer ( par les cons qui bossent ) et voila tu es refais. Elle est pas belle la vie mdr

    1. Je ne suis pas sûre que beaucoup de gens raisonnent comme ça. Malheureusement si on grossit un peu le trait, c’est ce que je dénonce là.
      Même si je doute qu’on puisse élever convenablement des enfants dans ces conditions, cela coûte parfois plus cher d’aller bosser…

  2. Je continue dans un second commentaire pour que mes énormes pavés (désolée…) soient plus lisibles ! Je continue donc pour expliquer en quoi ton dernier paragraphe a soulevé quelques désaccords chez moi (alors que je suis plutôt d’accord avec le reste). Quand tu dis « Et j’ai été éduqué selon des principes qui font que tout se mérite »… Je pense qu’on peut vraiment discuter de la question de savoir à partir de quand une aide se mérite. Aucune personne ne se trouve vraiment en dehors de la société, tout le monde y participe, que ce soit en élevant des enfants, en ayant des activités même bénévoles, en achetant… Donc accorder une aide à quelqu’un, ce n’est pas seulement le récompenser pour un mérite, c’est aussi lui permettre de continuer à participer. Et au final, tout le monde y gagne, l’Etat y compris, si des chômeurs (ou autre) continuent à faire tourner l’économie même un peu, à garder leurs enfants et à les éduquer etc. C’est un peu dans cette logique là que ce sont développées les concepts de revenu universel ou de salaire à vie (y’a une nuance entre les deux mais j’entrerais pas dans les détails car je maitrise pas très bien ces aspects)… Qui partent du principe qu’en fait, tout le monde y gagnerait, et qu’en moyenne la plupart des gens continueraient de toute façon à avoir des activités. Donc voilà on peut en débattre mais je pense que c’est quand-même des aspects assez compliqués, plus nuancés.

    Pareil quand tu abordes le fait qu’il pourrait y avoir trop d’aides et que certaines seraient du confort plus qu’un besoin… En fait où on met la limite entre le besoin et le confort exactement ? Pas évident non ? Même s’il s’agit d’un confort, pourquoi pas au final, si ça aide les gens à vivre plus heureux et moins anxieux de l’avenir ? Moi ça ne me pose vraiment aucun souci, même si je ne vois pas trop de quelle aide de confort tu parles, mais j’imagine que ça serait certaines allocations familiales par exemple, vu que tu parles des enfants derrière ? Les allocs, ça reste dans tous les cas des sommes pas si importantes que ça, ça donne un petit budget en plus qui aide quand-même bien, c’est clair, mais on ne devient pas riche non plus avec…

    Et le sens de ces allocations, c’est aussi de se dire que ces enfants sont les futurs travailleurs, qu’ils font vivre la société, et que les élever rend service à la société tout entière au final ! Si on les supprime, de toute façon, ce serait pour faire quoi ? On ne va pas interdire aux plus modestes d’avoir des enfants non ? Ce serait d’une violence terrible ! Tu imagines ? Ca signifierait que si tu as eu le malheur de naître pauvre et de ne pas avoir réussi à t’en sortir, tu dois accepter cet héritage et renoncer définitivement au bonheur de fonder une famille, de voir des enfants grandir ?

    C’est pas ma vision de la société de réserver ces bonheurs là aux gens qui sont déjà les plus privilégiés.. A moins qu’on considères que les pauvres le sont parce qu’ils l’ont mérité, mais cette vision m’horrifie et de toute façon toutes les études sociologiques ont démontré que c’était faux. Bref tout ça pour dire qu’à partir du moment où on ne va pas interdire à quelqu’un d’avoir un enfant, et bien si les gens en ont, on ne va pas laisser des familles en difficulté, faire payer aux enfants le choix des parents… Non, on considère que ce sont aussi les enfants de la collectivité, qu’ils vont faire fonctionner la société etc. Et donc finalement la logique des aides est loin de n’être qu’une logique de récompense d’un mérite, c’est bien plus que ça, c’est le socle d’un lien social en fait

    Enfin quand tu dis « Et de la même façon, quand on ne travaille pas pour x ou y raison mais que l’Etat nous donne de quoi avoir un toit et manger, on dit merci. On ne tape pas sur les politiques. »… Ben je ne suis qu’en partie d’accord. Oui, il faut être reconnaissant parce qu’on a déjà ça, ça c’est mon point de vue personnel. Mais en même temps quand on a bossé des années, qu’on a parfois élevé des enfants, qu’on a participé à cette société de plein de manières différentes, et que notre allocation chômage ne nous permet que de survivre, ben je considère qu’on est en droit de demander plus et de lutter pour ça. Parce que pendant ce temps, d’autres personnes s’en mettent plein les poches sur le dos des travailleurs, travailleurs qu’ont été les chômeurs la plupart du temps… On dit merci quand quelqu’un nous donne quelque chose et qu’on y ait pour rien. Mais les aides sociales, on y est rarement pour rien, quand-même. On a souvent cotisé une partie de sa vie, et si on a pas cotisé, on a souvent participé socialement d’une manière ou d’une autre. Voilà pour mon point de vue, c’est très dense désolée c’était difficile pour moi de faire court… Si tu as le temps, je serais bien sûr intéressée pour discuter de ces différents aspects 🙂

    1. Ta réponse est très complète et très intéressante ! Ca m’amène à poursuivre la réflexion que j’ai entamé dans cet article et qui n’est en soi qu’un ébauche parce que c’est difficile d’avoir une vision complète sans qu’on vous oppose des arguments.

      Au delà de ça, cet article fait uniquement état de mon point de vue et n’engage que moi ! Et je pense qu’il est fortement impacté par le fait que j’ai la chance d’être née dans un milieu aisé où si mes parents m’ont appris la valeur de l’argent et n’ont jamais eu besoin de compter sur les allocs.

      Concernant les enfants, j’ai toujours dit que j’aurais 2 ou max 3 enfants. Parce que je veux pouvoir les combler à tous les niveaux : les habiller, les nourrir, leur offrir leur propre chambre, les emmener en vacances… Mais aussi leur payer des études sans qu’ils aient besoin de travailler, pouvoir leur faire plaisir de temps à autre sans devoir recompter chaque euro. Autoriser les gens à avoir des enfants selon leurs revenus, non bien sur que non, ce serait horrible ! Mais disons qu’une famille nombreuse coûte de l’argent (on est 4 chez moi donc je le sais). Et même si l’amour compte plus que tout, ça ne remplace pas tout. Et je trouve ça dur de demander à un enfant de démarrer dans la vie en devant bosser pour payer ses études, son loyer, sa bouffe, etc. Et j’estime que quand on fait des enfants, c’est à nous de les assumer et pas à la société d’assumer mes choix. Mais c’est uniquement mon point de vue.

      Effectivement on participe à la société. Mais là où je voulais en venir, c’est que dans beaucoup de société, tu y participes mais quand il t’arrive un pépin, c’est ton problème. Tes soins médicaux, ton chômage, etc. Donc en France, au lieu de sans arrêt demander plus et râler, on pourrait commencer par se rendre compte de la chance qu’on a. Et avant de monter au créneau, prendre un peu de recul. Après, oui la situation n’est pas juste mais malheureusement, le monde ne l’est pas non plus. En fait, quand je parle de contrepartie, ça me fait penser à la réponse de Myriam. On pourrait exiger que chaque personne qui touche le RSA s’engage dans une association de son choix. Pour participer selon ses possibilité/son temps / ses moyens à la vie de la société mais aussi rester intégré, voir du monde, avoir un sentiment d’utilité publique. Ca serait gagnant gagnant.

      1. Oui c’est certain qu’il faut avoir conscience de la chance qu’on a, mais encore une fois, tu vois, pousser les gens qui sont au RSA à faire des choses de manière obligatoire, ça me dérange. Parce que c’est aussi une responsabilité de la société qu’ils soient sans emploi, c’est parce qu’on est pas capable de faire en sorte que tout le monde travaille moins mais mieux et qu’il y ait un partage du temps de travail. Et du coup non seulement tu ne peux pas bosser comme tu le voudrais et dans le domaine où tu le voudrais, mais en plus on exige des choses de toi, ce qui est extrêmement infantilisant parfois. Il y a un gros flicage des chômeurs qui est souvent très dur à vivre pour ces personnes d’ailleurs de manière plus générale… Ca peut rapidement devenir un peu humiliant, tu dois rendre des comptes en permanence et faire tout ce qu’on te dit pour ne pas perdre tes aides alors que la situation n’est déjà pas facile à vivre… et en gros tu perds le peu de marge de manoeuvre qui te reste pour décider ce que tu fais de ton temps. Des gens qui sont au RSA et sont dans des assos je pense qu’il y en a, mais ça les épanouit et ils se sentent utiles précisément parce qu’ils l’ont choisi librement je pense. Ensuite peut être qu’on pourrait le valoriser davantage, mais une obligation, pour toutes ces raisons, je pense que ce serait contre productif en fait. (Ensuite il y a une autre question : est-ce que si on a toutes ces choses là en France, ce n’est pas précisément parce qu’il y a toujours eu du monde pour monter au créneau et demander plus en se sentant légitime de le faire ? Quand on arrête de défendre des acquis, ils sont vite grignotés… C’est ce qui se passe ailleurs, et en France ça a bien débuté aussi, avec les lois du quinquennat précédent dont la fameuse Loi travail)

        1. Je crois que j’ai beaucoup de mal avec l’idée du chômeur ou du mec au RSA qui reste chez lui tranquillement à rien faire en profitant des aides. C’est ça qui me dérange le plus je crois. Et c’est peut-être une petite partie seulement des personnes qui en bénéficie…

          1. Oui je comprends tout à fait, mais je pense qu’il faut avoir à l’esprit que c’est aussi une image qui nous est renvoyée depuis longtemps par les médias, les politiques etc… Et que ça vaut le coup de se demander comment elle est construite et à quelle réalité ça correspond. Et aussi, quelles autres réalités existent, comme celle dont je parlais, de tous les gens qui ne demandent rien 🙂

  3. Il est clair qu’on reste très chanceux en France… et qu’on devrait s’en rendre un peu plus compte. Je trouve ça très important d’en parler et ça me fait donc plaisir de te lire. Après je tique un peu sur certains points que je vais essayer d’expliquer rapidement. Tout d’abord je pense que c’est extrêmement important d’avoir conscience que cette chance n’est en fait pas tombée du ciel ou de la générosité de gentils politiques : c’est le fruit de décennies de luttes sociales… En fait on peut carrément dire merci aux syndicats ! On râle à cause des grèves, des manifestations etc, mais ce sont ces traditions de lutte qui font qu’aujourd’hui, on est aussi protégés en France. Et que les inégalités face à la santé et à l’espérance de vie sont moins présentes qu’ailleurs. Il faut défendre ces acquis et être fiers de le faire, à l’étranger il y a tellement de situations dramatiques… Ensuite je rebondirais sur le passage suivant « Pour moi, les aides sont accordées trop facilement dans certains cas. Preuve en est le fait que pour certains, il est plus rentables de rester chez eux à percevoir des aides que d’aller travailler. »… Alors oui, parfois aller travailler nous fait gagner moins que de percevoir le RSA ou le chômage pendant un certain temps. Mais tout dépend ce qu’on appelle » rentable », on est quand-même sur des sommes extrêmement modestes la plupart du temps, souvent ça se joue entre un RSA à 500 euros et quelques et un mi-temps dans les mêmes valeurs ou à peine plus ! D’ailleurs dans pas mal de cas (j’ai eu plusieurs fois des exemples autour de moi), les gens ont envie de bosser, mais c’est le fait qu’on leur propose des boulots super loin, avec beaucoup de routes et des frais de déplacement, qui explique qu’ils gagneraient plus en ne prenant pas le boulot. A leur place je choisirais aussi de rester chez moi, de voir davantage mes enfants, et de ne pas m’épuiser pour un boulot qui va me rapporter 500 ou 600 euros par mois alors que je peux rester encore un peu au RSA… Tu ne ferais pas pareil dans un tel cas ? Je suis bien consciente que malgré tout il peut y avoir des gens qui ne veulent absolument pas travailler. Mais tu sais quoi, en fait, je le dédramatise complètement. Parce qu’il y a aussi une réalité moins connue : en fait, il y a davantage de gens qui ne demandent pas les aides auxquelles ils auraient droit, que de gens qui fraudent par exemple. En d’autres termes, l’Etat économise chaque année car des personnes ne demandent pas des aides qu’ils pourraient avoir. Cette réalité là existe aussi même si on en parle peu, et y’a même un labo de recherche qui bosse là dessus, l’ODENORE : https://odenore.msh-alpes.fr/ … Je ne sais pas ce que tu en penses, et si tu avais eu vent de ça, mais pour ma part je trouve ça assez instructif et complémentaire des propos qu’on entend le plus souvent sur les abus d’aides etc

    1. Je vais essayer de te répondre sans rien oublier ^^
      Effectivement c’est le fruit d’une lutte des classes et certains se sont battus pour ça. Et comme tu dis, on doit en être fiers. Mais pour moi, ça doit rester des aides et pas une source de revenus. A mes yeux, c’est très différents. Il ne faut pas que le système devienne malsain et habitue chacun à être entretenu. Pour moi, ces aides devraient pouvoir être ponctuelles, pour palier à des situations exceptionnelles et pas être nécessaires à certains pendant des années. Sinon, c’est qu’il y a un problème de fond qui doit être réglé.

      Concernant le choix de rester au RSA ou d’aller bosser, effectivement, la question est légitime. Quand tout ton salaire passe en frais de garde et en essence, bah tu peux clairement te poser la question. Quand en plus il s’agit d’un job alimentaire qui t’emmerde… Mais ça n’empêche que certaines aides sont déconnantes. J’ai pris l’exemple du RSA parce que j’ai des exemples de jeunes en tête bien précis. Mais de manière générale, certaines aides sont complètement halllucinantes.

      Enfin, pour ce qui est des aides non distribuées, je le savais pas je n’aurai pas été capable de le chiffrer.

      1. Oui je suis d’accord sur le problème de fond, si c’est nécessaire pendant des années, c’est qu’il y a d’autres problèmes, le premier c’est qu’il n’y ait pas de travail pour tout le monde, et le second c’est que quand il y en ait, il ne soit pas assez rémunéré (et avec d’énormes différences selon les secteurs et le niveau d’études aussi). Du coup, c’est vrai qu’aujourd’hui on constate que les syndicats sont sur un mode assez défensif, où on essaie de défendre les aides existantes et de se battre contre les diminutions de salaires et les licenciements… Alors qu’il faudrait sans doute avoir un discours de proposition plus offensif sur ces questions là. Sauf qu’aujourd’hui, je pense qu’on se rend tous compte que quand on parle de réduction du temps de travail et de réduction des salaires, on se fait quand-même souvent rire au nez (et traiter de gros gauchistes^^), et les syndicats n’osent pas forcément… Surtout qu’ils ont un peu le cul entre deux chaises, il faut défendre les droits des salariés mais en même temps tous n’ont pas une ligne véritablement anticapitalistes, donc cette ambiguité emêche de bouger davantage je pense (PS : merci pour tes réponses à mes longs commentaires ^^)

        1. J’ai vraiment une sale image des syndicats perso. Trop cette image des mecs qui vont se mettre à gueuler dès que quelque chose est proposé ou lancé. Ils mettent tous les patrons dans le même sac? Je sais que c’est aussi un jeu d’équilibriste mais bon…

          1. Pour moi c’est comme pour l’image des chômeurs dont tu parlais : comment est-ce qu’on a acquis cette image des syndicats ? Quel est le rôle des médias là dedans ? Je pense qu’on a beaucoup intégré ce genre d’images malgré nous alors que c’est une vision parmi d’autres de ce que sont les syndicats… Et ça mérite, je pense, d’essayer de se renseigner sur les autres points de vue qui existent, autre que les chaine TV qui ne parlent des grèves que lorsque ça bloque les transports par exemple. C’est vrai qu’humainement on peut connaitre des syndicalistes relou, des gens pas pédagogiques pour un sou, dont on a l’impression qu’ils gueulent en permanence… Mais en fait c’est rarement gratuit, et peut être que s’ils gueulent chaque fois… c’est que c’est pourri chaque fois car les politiques menées se ressemblent toutes depuis des années ! Quand on est anticapitaliste (c’est mon cas tu dois t’en douter), on ne peut pas se dire « oh tiens si on essayait ça attendons de voir », car on sait très bien qui sont les gens qui proposent ces lois, leur parcours, les positions politiques dans lesquelles ils s’inscrivent etc

          2. Je n’ai pas la même approche des choses que toi mais c’est toujours intéressant d’échanger, ça fait évoluer les points de vue 😉
            Et effectivement, de nos jours les médias font surtout de la désinformation…

          3. Si ça t’intéresse, la chaîne youtube Le Stagirite avait proposé une vidéo très intéressante sur le terme « prise d’otage » qui est utilisé par les médias pour parler des syndicats… Je te la conseille vraiment, c’est une de ses meilleures vidéos je trouve

  4. Tu cherches les ennuis avec un titre pareil, ah ah !!
    Alors tout d’abord, je suis globalement d’accord avec toi, on n’a pas trop à se plaindre en France avec toutes les aides que l’on a. Le problème, c’est que ces aides ne sont données qu’à ceux qui sont vraiment en bas de l’échelle, dès que tu essaies de t’en sortir, tu sors du cadre.
    Je me prends en exemple: mon mari et moi avons du mal à finir les mois et nous n’avons droit à aucune aide parce que nous travaillons tous les deux, donc au-dessus du seuil. En gros, on trime 5j/7 de 8h à 18h pour pouvoir payer le loyer et la bouffe, les vacances c’est pour les autres… D’ailleurs, j’adorerais remplir juste un document et avoir 20% de mon loyer de payé sauf que ça ne marche pas comme ça. Pour un loyer de 1200€, nous avons *roulement de tambour* 20€ d’APL.
    La solution serait qu’on arrête de travailler tous les deux et on pourra toucher le RSA et compagnie, sauf que ce n’est pas notre façon de fonctionner. Nous en avons croisé tellement qui profitent du système que ça me donne la nausée. Mais bon… je préfère qu’on garde notre sécurité sociale et notre allocation chômage, même s’il faut pour cela payer pour ceux qui se laissent vivre.

    1. Je n’ai jamais eu d’ennui jusqu’à présent alors je touche du bois ^^
      Pour moi, le problème que tu soulèves vient d’autre chose. Ce ne sont pas les aides qui sont à remettre en question. Ce qui n’est pas normal c’est qu’en travaillant tous les deux, vous ne puissiez pas vivre sereinement. C’est la donnée « travail » qui doit être revue, pas les aides en elles même.
      Vous ne devriez pas avoir besoin d’aide pour vivre. Sinon, ça n’a plus de sens !
      En tout cas, c’est tout à votre honneur de faire votre maximum pour ne dépendre de personne.

      Par contre, il n’y a pas que le bas de l’échelle. Par exemple mes parents qui gagnent bien leur vie ont eu des aides de la CAF parce qu’on était 4. C’est vraiment du bonus.

      1. Tu as raison! Quand je vois que dans ma boîte, un jeune de 23 ans sorti de l’école gagne plus que mon mari avec 10 ans d’expérience, c’est frustrant (à niveau d’études égal, je ne compare pas un cadre et un ouvrier non plus). Dans sa boîte, ils sont très mal payés et quand ils râlent, on leur répond qu’ils sont au-dessus des minima sociaux… parce que ces minima sociaux sont aberrants!! Malheureusement, ce n’est pas demain la veille que ça changera.

        1. Clairement il y a un problème chez eux…
          Et tant que le marché de l’emploi sera en faveur des employeurs avec un chômage de masse, je ne vois pas comment ça pourrait changer.

      2. C’est intéressant ce que vous soulevez (et aussi dans le commentaire précédent de Myriam) sur la travail…Je suis vraiment d’accord avec ça, je pense que tout est fait pour ne pas augmenter les salaires, et les quelques aides qui existent servent à faire passer (à peine) la pilule. Et même situation que toi Azylis, pour mes parents les alloc étaient aussi des bonus, mais je crois quand-même que cet aspect a changé en partie puisque maintenant c’est proportionnel au revenu !

  5. Bonjour Azylis.

    Bénéficiaire du RSA depuis plusieurs mois, je ressens beaucoup de gratitude vis à vis de notre Etat qui me permet de prendre le temps de réfléchir à mon avenir sans être trop inquiétée matériellement, plutôt que de courir après un travail coûte que coûte.

    Je ne pense pas qu’il y ait trop d’aides en France. Je vois la preuve que tu cites d’une autre manière. S’il est plus avantageux (financièrement, il me semble que c’était tacite) de ne pas travailler et de recevoir les aides de l’Etat, n’est-ce pas davantage un problème du « travail » plutôt que des aides ? N’est-ce pas plutôt parce que le travail n’est pas assez rémunéré ?

    Tu dis également que tu penses que tout se mérite. L’argent que tu reçois de la part de ton employeur, je suis certaine que tu ne mets pas en doute ta capacité à le « mériter ». Je ne dis pas que de mon côté je « mérite » les aides que je reçois, mais je ne pense pas en faire mauvais usage. Tout est redistribué chez les commerçants que je visite (on n’épargne pas avec un RSA, c’est impossible !), et socialement je suis une personne très investie. Je prends soin des personnes qui m’entourent, je suis disponible quand des besoins se font sentir dans les écoles ou autres. Tout ce temps « libre » ne m’appartient pas plus qu’à une personne qui travaille. Tout le temps que je passe sans travailler, je passe à le vivre comme tout un chacun.

    Dans l’absolu, il faudrait être ermite pour s’appartenir entièrement et ne jamais « mériter » quoique ce soit, ne crois-tu pas ? Et encore… cela se discute fortement !

    Les aides au logement me dérangent beaucoup sur le principe. Je suis locataire, l’argent que je reçois part donc directement entre les mains de ma propriétaire. Ainsi, c’est la CAF qui rembourse son prêt. Je trouve ça bien plus étrange que les aides pour les familles ayant plusieurs enfants. Après tout, les enfants sont de futurs citoyens, ils ont droit à une certaine providence aussi.

    1. Bonjour et merci pour ce long commentaire!
      Je vais essayer de te répondre sans rien oublier !

      Effectivement, le travail ne rémunère plus assez. Il suffit de voir l’évolution des salaires globalement, tout le monde s’en plaint. Mais je ne pense pas que compenser avec des aides sociales soit la bonne solution. On rentre dans une logique d’assistanat qui n’est pas saine selon moi et qui surtout fausse les références.

      Je ne pense pas avoir remis en question l’usage qui est fait des aides. Et surtout, je n’irai pas juger ta situation personnelle 🙂 C’est à toi et à toi seule de décider ce que tu fais de cet argent. Malheureusement tout le monde ne semble pas en faire si bon usage que toi et surtout ne s’investit pas pour rendre à la société ce qu’elle lui donne. Mais là encore, c’est un autre problème. Quand je dis que certains considèrent que c’est un dû, c’est aussi un peu là que je veux en venir…

      Je ne pense pas qu’il faille être ermite. Et là encore, je ne crois pas non plus que ce soit la vraie question. Au fond, c’est plutôt je pense de se demander pourquoi autant de gens ont besoin d’aides, depuis si longtemps, au point de considérer cela comme un acquis.

      Le point que tu soulèves concernant les loyers est assez intéressant. Malheureusement, c’est le reflet d’une société capitaliste. Quand un propriétaire investit, il le fait pour récupérer de l’argent. Et nos marchés fonctionnent selon la rareté et la loi de l’offre et de la demande. Certains prix sont cependant complètement déconnant et les loueurs pris en otage. Pour moi, les APL permettent surtout aux étudiants de pouvoir se loger décemment en dehors de chez leurs parents quand ils partent faire leurs études. Leur statut d’étudiant fait qu’ils n’ont pas de revenus adéquats par rapport au prix du marché, mais en soi, c’est « normal ». Ce qui ne l’est plus, c’est quand des salariés ont besoin des APL pour payer leur loyer.
      Les enfants, quant à eux, ce sont certes de futurs citoyens mais pour moi, c’est à leurs parents de les assumer, pas à la société. Je ne remets pas en question leurs droits, je m’interroge plutôt sur qui est censé veiller à ces droits et répondre à leurs besoins.

      En tout cas, merci pour ces questions et remarques. Si mon article a pour but de faire réfléchir, ton commentaire en fait tout autant 🙂

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