Ces deux années de lycée que j’ai si mal vécu

 

Cet article a germé dans ma tête en lisant l’article de Golden Wendy sur ses années de lycée. Elle évoquait avec nostalgie ces années qu’elle a tant aimé et qui l’ont marquée très positivement. Pour ma part, c’est plutôt tout l’inverse. J’ai détesté mes deux dernières années de lycée. Pour la plupart des jeunes, ce sont de belles années, même si le bac se profile au bout. Elles sont synonymes de copains, d’insouciance, de rires et de liberté. Pas pour moi.

 

Une ado sauvage et solitaire

Mes deux dernières années de lycée, font clairement partie de ces périodes de ma vie que je voudrais oublier. En seconde, tout allait bien. Je n’étais pas une grosse fêtarde ni la fille cool du lycée mais ça roulait. J’avais des amis, des groupes différents, j’allais à quelques soirées, je me sentais intégrée. Je n’étais pas trop le genre à boire des verres en terrasse après les cours (à 15 ans tu me diras, encore heureux !). Mais je me sentais normale. Et puis en début de première, tout se casse la gueule. Je passe en ES, certains de mes copains en S. Emplois du temps différents, pas mélangés durant les cours communs comme le sport, rythmes différents… Le fossé se creuse. Pour les autres, certains déménagent, d’autres changent de lycée. Et surtout, en première, je me retrouve toute seule dans ma classe. Aucune des mes autres copines n’est avec moi. J’essaie de m’intégrer, d’être sympa avec les autres. Mais ils ont tous déjà quelqu’un qu’ils connaissent, ils ont au moins une accroche. Et je n’ose pas m’incruster par peur de déranger. Alors je me raccroche comme je peux à cette fille qui est seule elle aussi, mais c’est plus un choix par dépit, de son côté aussi.

En 1er c’est aussi là que je tombe amoureuse pour de vrai pour la première fois. Le jour de la rentrée, je l’aperçois une fois, j’entends le son de sa voix et surtout son sourire quand il me dit « merci mademoiselle » pour une feuille distribuée. Et c’est le coup de foudre. Le hasard fait qu’on se retrouve à côté en cours pendant 3 mois. J’apprends à le connaitre, cachée derrière ma timidité. Je tombe sous le charme de sa gentillesse, de ses yeux bleus, de ses traits, de son corps qui est tout ce que j’aime, de son intelligence, de son charisme. De son côté, je ne sais pas. Je vois, ou je crois voir, des signes. Je ne saurai jamais. Des regards insistants, des regards du coin de l’oeil, une vraie gentillesse, des coïncidences curieuses. Et puis, un jour il embrasse une autre fille en soirée, une fille de son groupe. Et lui aussi, il me renvoie à ma place de fille seule dont personne ne veut. Aux récrés, je l’observe en douce, avec cette fille dont je jalouse la place. Le matin j’espère le voir en arrivant. Dans les couloirs, je cherche son regard ou les occasions de se croiser. En cours, chaque parole échangée est une petite victoire. Chaque occasion de me faire remarquer discrètement est bonne à prendre. Chaque petit moment, chaque petit regard, chaque mot se grave dans ma tête. Et chaque jour me rappelle que je suis seule et qu’il l’a choisit elle.

 

 

Quand tu penses toucher le fond

Tout empire en passant en terminale. De nouveau, je me retrouve seule. Encore une fois. Et je n’ai plus le courage. Pas envie de tisser de nouveau des liens, d’être celle qui gratte l’amitié, d’avoir l’impression de m’immiscer dans des groupes déjà formés. Je me laisse tout bonnement couler.
Je n’oublierais jamais ce voyage scolaire qui me terrifie. Trois jours à l’ONU. Deux nuits. Pour lesquels il faut former des groupes pour les chambres, et moi, laissée pour compte. Ca finit dans les larmes, ma mère va voir ma prof principale pour lui expliquer la situation. Elle lui explique que je me sens très seule, que j’ai des amies en dehors du lycée mais qu’ici, je me sens oubliée et ignorée. La prof n’avait rien vu, preuve que je fais illusion, et elle décide d’en parler devant toute classe. « Certains dans la classe se sentent très seuls ». Elle ne me nomme pas mais tout le monde se doute de qui on parle. Viennent les moqueries, les petites remarques anodines en apparence ou les actes carrément minables. Je n’ai même pas envie de les raconter, tellement j’ai encore honte même presque 10 ans après. Mais chaque parole, chaque fait me blesse un peu plus.

Je me sens triste et nulle en permanence. Scolairement, je décroche. Je suis dans un lycée exigent, qui veut former l’élite. Mais je n’ai pas le courage, pas la tête à ça. Je suis déprimée au point de sécher les cours. Le matin, je n’ai pas la force d’aller au lycée pour subir les railleries, la solitude. Pas le courage d’assumer qui je suis. Mes parents ne le sauront jamais mais plusieurs fois, je ne vais pas en cours, j’imite leur signature sur un mot d’absence. Personne ne verra rien.
Je me sentais comme une paria. Sur le coup je n’en avais pas conscience, j’essayais de me le cacher à moi même et autres. Mais vous savez, dans les films, cette fille tout le temps seule, dont on se moque discrètement, qui mange seule, qui travaille seule, qui se retrouve au premier rang en cours, qui est choisie en dernier. Ouai ouai, la looseuse. Bah c’était moi. J’étais cette fille. Et même 10 ans après, j’ai la gorge serrée d’écrire tout ça. Au final, j’aurai mon bac avec mention assez bien.

 

 

Se construire quand on est seule

Le plus violent dans l’histoire, c’est de se dire que c’est à cet âge là qu’un individu construit la majorité de sa personnalité adulte. On fait ses premiers choix, on a ses premiers rapports avec le sexe opposé : c’est l’âge des premiers amours, des premiers bisous, des coups de coeur,… On joue une bonne part de son avenir avec ses résultats scolaires, les études qu’on choisit. La confiance en soi et en les autres qu’on a acquise depuis l’enfance continue de s’ancrer. On construit sa vie.

Et moi, à cette époque là, je me sentais seule, nulle, inutile. Je suis devenue sauvage, agressive sans le vouloir. Comme un petit animal effrayé qui essaie de grogner pour donner le change et cacher sa peur. Quand je répondais, je pouvais paraître agressive, virulente ou brusque. Parce qu’en dedans, j’étais terrorisée. Je me disais que de toute façon, jamais un garçon ne s’intéresserait à moi. Ce que j’allais faire de mon avenir ? Je m’en foutais. De toute façon, les sacro sainte prépas dont tout le monde parlait et rêvait, je ne les aurais jamais. Il était juste question de sauver les meubles. Je subissais le quotidien plus que je le vivais. Dès le lundi matin 8h je comptais les heures jusqu’au week-end. Le journal intime que je tenais à cette époque fait un peu peur à lire. Je n’ai jamais été du genre suicidaire ou violente envers moi même. Bien trop sage et bien élevée pour ça…. Nan, la violence elle était juste dans ma tête, dans l’image que j’avais de moi même. Dans la colère, la peur et la tristesse que je ressentais.

Ce qui m’a sauvé, c’est ma passion. J’en ai déjà parlé à demi mots ici. Mes mercredi et les dimanches, je les passais avec les chevaux et avec mes amies. C’était ma bulle, mon paradis. Là bas, j’existais, j’étais connue et reconnue. Là bas, je savais de quoi j’étais capable, je savais que j’étais douée. Et pourtant, je n’ai jamais imaginé ou même envisagé en faire ma vie et mon quotidien. Ca ne correspondait pas au schéma qu’on m’avait inculqué. Quand j’étais là bas, j’oubliais tout. Et quand je rentrais le soir, j’essayais de garder ça dans mon coeur le plus longtemps possible pour tenir jusqu’à la fois suivante.

 

 

Quelques années après, que reste-t-il de tout ça ?

Le moi d’aujourd’hui, vous commencez à le connaitre un peu, à travers mes écrits. On a déjà parlé de ma confiance en moi, de ma sensibilité, de ma relation aux autres. Et de ma thérapie. Et bien tout ça, c’est la suite de ces deux années infernales. Ce que je suis aujourd’hui n’est que la conséquence de deux années de solitude, de blessures et d’angoisses.

Aujourd’hui, je vais bien. J’ai avancé, j’ai cicatrisé. A plusieurs reprises, j’ai tenté de devenir quelqu’un d’autre. Quand je suis entrée en école de commerce. Quand j’ai changé de campus. Mais j’ai toujours finis par me trouver seule, que ce soit visible ou non. Parce qu’on ne peut pas changer qui on est. On ne décide pas de devenir une teuffeuse, sûre d’elle, capable d’aller draguer le mec qui lui plait, de prendre les choses avec décontraction et légèreté. Dans mon malheur, ma petite soeur est très à l’aise. Elle est souvent entourée de beaucoup d’amis. Elle se lie facilement. Et je me comparais à elle sans arrêt, elle me renvoyait à la gueule, sans le vouloir, combien j’étais à l’écart. Il est tellement impossible de changer qu’en dernière année d’école de commerce, je me suis retrouvée dans la même situation qu’au lycée, seule. Encore.

Mes amies de toujours, celles que j’avais depuis mes 15 ans étaient toujours là. Mais dans mes études, j’étais bien moins entourée. Et aujourd’hui, je n’ai plus de contact avec des gens du lycée ou de mon école de commerce. Ca en dit long sur ma difficulté à créer du lien. Comme je l’avais expliqué ici, je crois que j’ai fait peur aux gens. J’avais un tel besoin d’exister, d’être reconnue, d’être aimée que ça se sentait. Et ça faisait fuir. J’ai tout bonnement été traumatisée par ce que j’ai vécu au lycée et j’avais peur de le revivre. En même temps, je ne savais pas vivre autre chose, alors malgré moi je reproduisais le schéma. Et chaque nouvelle expérience me confortait dans cette idée que ma vie c’était ça.

 

 

Malgré tout, j’ai eu des relations avec des hommes, qui ont duré plusieurs mois voire plusieurs années. Pour mon psy, c’est presque un miracle que j’ai été capable de créer une relation avec Monsieur comme je l’ai fait. Mes amies se comptent aujourd’hui sur les doigts d’une main. Les vraies amies. Les copines, ça va, ça vient. Ces années de lycée ont déterminé mon rapport aux autres pour la décennie qui a suivi. Elles ont marqué durablement ma personnalité, ma perception des choses et mes émotions. Je travaille sur moi pour guérir pour de bon. Et surtout, je veux donner à mes enfants tout ce dont ils ont besoin pour qu’ils ne vivent jamais ce que j’ai vécu. Parce que s’il y a bien pire dans la vie, je ne souhaite ça à personne.

 

Mais aujourd’hui, je vais bien.

 

[Cet article fait 1800 mots, il a été écrit en 1h, en une seule fois. Je vous le livre tel quel. J’ai tout bonnement laissé mes doigts courir sur le clavier. Cet article est tout simplement ce que j’avais sur le coeur. J’ai conscience de la violence qu’il renferme et qu’il n’est pas très gai mais il est particulièrement libérateur.]

 

 

 

 

35 commentaires pour “Ces deux années de lycée que j’ai si mal vécu

  1. Merci pour ton témoignage, franc, touchant voire bouleversant. C’est le genre de récit que j’entends au travail, je rencontre malheureusement beaucoup de jeunes qui ont souffert de la même chose que toi. Mais là, j’ai été prise de court, vulnérable, sans ma distance professionnelle. Merci pour ton témoignage … 🙂
    https://la-parenthese-psy.com/

    1. Ca ne doit pas toujours être facile de prendre de la distance face à ce genre de témoignage.
      Effectivement, cet article m’a permis de réaliser que c’est aussi l’histoire de beaucoup de jeunes !

  2. Salut !

    J’ai trouvé ton article très sincère, authentique et touchant. Bravo, et merci, de t’être livrée de cette façon sur la toile, au regard du monde.

    J’ai eu la chance, même dans les années où j’ai pu vivre des choses qui ressemblent à ce que tu décris, d’avoir toujours une, deux amies fidèles, pas forcément dans ma classe ou promo, mais pas trop loin et je n’ai jamais souffert de ce rejet et de cette solitude.

    Toutefois, je me reconnais un peu dans tes mots avec mon année de seconde.
    Non-voyante, je sortais de quatre ans dans un collège spécialisé pour aveugle, où finalement on est un peu plus protégés, et surtout uniquement entre personnes qui partageons de fait quelque chose en commun.
    J’ai débarqué en seconde dans un lycée de 1200 élèves, des classes de 35 élèves, je ne connaissais personne. J’étais plutôt une intellectuelle, je ne sortais pas, je m’habillais d’une façon résolument classique, je ne parle pas de ma coupe de cheveux (quand je pense à cette horrible frange…) et le pire, c’était ce constat que je ne pouvais même pas, pour tenter de m’intégrer, observer les autres et tenter de les imiter, puisque je ne les voyais pas. Bref, je n’attirais absolument pas la sympathie des gamines de 15 ans… Et pourtant j’étais souriante, facile d’accès.
    Le début d’année n’a vraiment pas été simple.
    Je crois que si j’avais vu, j’aurais été capable de faire des trucs très stupides pour tenter d’être intégrée, mais je n’avais pas cette possibilité et avec le recul, c’est une très bonne chose.

    Seulement, j’ai eu la chance de me faire un ami, dans la classe. Je ne sais pas bien comment c’est arrivé, sans doute parce que lui aussi avait un problème de vue. Pourtant, lui il était très séduisant, plaisait à toutes les filles, était incroyablement bien intégré, rien à voir avec moi. Je crois que tout est parti du fait que j’étais très bonne élève, et lui non. Du coup, il m’a demandé si je pouvais l’aider pour ses devoirs.
    En échange, il me faisait écouter des musiques qui n’étaient vraiment pas dans mes habitudes, il me lisait des passages de bouquins de Virginie Despentes pour essayer de choquer la petite fille modèle que j’étais, il m’emmenait acheter des chaussures un peu plus cool que les trucs affligeants que je portais… De ce qui pouvait ressembler à une relation d’intérêt est née une amitié incroyable et c’est une chance fabuleuse que j’ai eue.
    Mais je me dis que peut-être, sans lui, tout aurait pu être très différent et beaucoup plus dramatique pour moi.

    En tout cas, je suis heureuse de savoir qu’aujourd’hui, tu peux dire que tu vas bien. Et je te souhaite plein plein de bonnes choses pour la suite.

    1. Avoir une différence n’est jamais facile et à cet âge là encore moins je pense…
      C’est une très belle amitié que tu as créé avec ce garçon et effectivement, je pense qu’elle t’a beaucoup aidé. Vous êtes toujours amis aujourd’hui ?

      1. C’et assez curieux, parce qu’on était devenus vraiment proches, mais après notre année de seconde, il a changé de lycée et on ne s’est plus jamais reparlé, silence total. Je pense pourtant qu’on avait été aussi importants pour l’autre, autant lui que moi, mais ni lui ni moi n’avons éprouvé l’envie ou le besoin de se reparler ensuite.
        Et puis, dix ans plus tard, par un hasard absolument incroyable, dans une autre ville, j’ai rencontré un pote d’une pote qui s’est avéré avoir été plusieurs années son colocataire. On s’en est rendu compte en discutant par hasard, il lui a reparlé de moi, lui a donné mon numéro et on s’est revus. Une seule fois. On se l’est avoué en fin de soirée, on avait super peur de n’avoir rien à se dire. Mais ça a été tout l’inverse, on a jacassé jusqu’à 3 heures du matin comme si on était resté amis. Mais depuis de nouveau, plus rien. C’est marrant la vie parfois.

        1. C’est fou comme parfois la vie peut remettre certaines personnes sur notre passage ! Quelque part, je crois que cette nouvelle rencontre vous a permis de vous assurer que vous n’aviez pas de regret. Une nouvelle chance. Je crois que si vous n’avez pas de manque ni l’un ni l’autre c’est que ça devait se passer comme ça.
          J’ai eu un « ami » comme ça. On s’est rencontré, on a accroché, au bout de quelques temps : silence radio. Reprise de contact, de nouveau quasi fusionnels; On se revoit. Puis il redisparait. Je suis retournée le « chercher » une dernière fois. Il m’a refait le coup donc j’ai coupé les ponts…

  3. Bravo à toi de partager cela, j’imagine combien ça doit être difficile…et je suis bien attristée de voir combien nous sommes nombreux à avoir souffert à une période de notre vie qui aurait du être plus insouciante.

    Moi, ça s’est surtout passé pendant mes années collège (j’ai changé d’école au lycée et ça a transformé ma vie !), souvent seule et moquée… Des anecdotes : on me prenait souvent ma trousse et on se la balançait entre « camarades de classe » avant que le prof n’arrive, ou bien encore des « camarades » qui crachaient tout simplement sur les vêtements de celles qu’elles n’aimaient pas lorsqu’on était dans les vestiaires de sport… bref, j’en ai tout un stock dans ce genre là, et même si ça ne semble pas très grave pour certains, eh bien quand on est ado, on prend tout à vif et on se sent vraiment à l’écart. Je suis d’ailleurs bien heureuse d’être née avant l’ère des réseaux sociaux car ça aurait été encore plus infernal je pense (et j’ai une grosse pensée pour tous ces ados qui se sentent seuls et/ou sont harcelés via Internet de nos jours)… Il devrait y avoir un vrai cours d’éducation à l’école sur le rapport aux autres, et comment bien vivre en société, ce serait bénéfique pour tellement de personnes !

    Encore un gros bravo à toi 🙂 (je découvre ton blog et je ne manquerai pas d’aller y faire un tour)

    1. Effectivement vu le nombre de commentaire similaires au tien, je vois qu’on était beaucoup dans ce cas.
      Quelque part ça fait peur mais c’est aussi rassurant.

      Merci pour ton passage ici et n’hésites pas à revenir !

  4. Je me retrouve dans beaucoup de tes mots, même si je n’ai pas eu une expérience aussi « traumatisante » j’ai toujours eu énormément de mal à tisser des amitiés, et l’impression que je repousse les gens. Comme toi, j’ai une poignée de très bonnes amies, et les autres sont plutôt des connaissances qui entrent et sortent de ma vie au gré des mois. Mais j’ai appris à l’accepter et je le vis (plutôt) bien, même si parfois il m’arrive de penser à tout ça et d’être triste.

    1. J’avais écris sur les amitiés dans des différents articles ici (à propos de ma thérapie, de mon rapport à l’amitié, etc).
      Souvent, on a ce qu’on appelle un schéma cognitif qui est créé par une expérience douloureuse ou traumatisante. Et on reproduit ce schéma encore et encore en lui donnant du poids et une certaine vérité. On ne retient que ça et on reproduit ce qu’on connait parce que c’est plus rassurant que l’inconnu. Il faut un long travail sur soi pour arriver à s’en détacher.

  5. Comme d’autres je me reconnais beaucoup dans ton article. A la base je suis quelqu’un de réservée et j’ai été en mal-être depuis le collège, je n’arrivais pas à m’intégrer, au lycée ça a été la descente vers les angoisses, solitudes, phobie scolaire, pas d’amis qui évidemment se connaissaient tous depuis quelques années, j’avais l’impression d’être une intruse, à être en décalage avec les personnes de mon âge avec qui je n’avais pas les mêmes centres d’intérêts (sorties en boite, alcool…). Placée en secrétariat ne sachant pas en troisième ce que je voulais faire, on a choisit pour moi et les notes ont chuté, second redoublement qui n’a servit à rien. J’allais au lycée la boule au ventre et je me sentais soulagée à l’approche du week-end. Les oraux c’était l’angoisse totale.
    C’est en seconde que j’ai su ce que je voulais faire mais on m’a fait comprendre que c’était trop tard, que je n’avais pas une moyenne suffisante… J’ai vu mon rêve de faire des études dans le domaine du livre s’écrouler petit à petit, la seule chose qui me passionnait. Aujourd’hui, je sais ce que je veux faire malheureusement le secteur des bibliothèques est bouché et fonctionne en marché fermé du moins dans ma région. Avec un Pôle Emploi qui me fait tourner en bourrique, je suis toujours à la dérive.

    1. J’ai la chance de ne pas avoir développé une phobie scolaire. Je crois que ça aurait été très dure de m’en remettre.
      Par contre, pour la confiance en soi, c’est vraiment pas top.
      Et je suis désolée de lire qu’aujourd’hui encore tu paies le prix de tout ça… Mais il faut te dire que les bibliothèque aurait tout de même été un secteur bouché. Donc sur ce plan là, ça n’a pas trop joué.

      1. Oui, je tente quand même d’y postuler en candidature spontanée. Après j’espère pouvoir faire le DU médiathécaire qui ouvre des portes dans ce secteur, reste à être prise et à ce que Pôle Emploi m’y autorise.

  6. Coucou, je suis tombée sur ton article un peu par hasard, mais je ne me suis jamais autant reconnue dans un article, c’est incroyable !
    Tu as tellement bien décrit ce sentiment de solitude. Je suis parfaitement d’accord avec le fait que rien ne pourra changer définitivement ta personnalité et il faut l’accepter (et je sais à quel point c’est difficile). Au moins tu auras su rester toi-même, et même si ça a été dur sur le moment, tous ces souvenirs vont finir par te renforcer 😉
    Bisous
    xxx

    1. Merci beaucoup ! Je te laisse découvrir le reste du blog, il y a sûrement d’autres textes qui te parleront 🙂
      C’est marrant comme beaucoup de gens ici me disent que j’ai su rester moi même. Ca ne m’a jamais traversé l’esprit de faire autrement en fait…

  7. Eh bien, un texte qui me parle vachement beaucoup !! Sauf que moi, la solitude est revenue avec le temps… Il n’y a qu’à la FAC que je me sentais bien entourée, mais une fois les études finies, elles sont toutes reparties…
    Bravo à toi d’aller mieux en tout cas

    1. J’ai finis par accepter que dans la vie les vraies amitiés qui durent sont peu nombreuses. Aujourd’hui j’ai quelques amies que je compte sur les doigts d’une main. Et au final c’est peut être aussi bien.

  8. Je me reconnais énormément dans ton article… Comme toi, mes années lycée ont été très difficiles. Harcèlement scolaire, isolement. Et comme j’étais dans un établissement très élitiste ça arrangeait bien l’équipe pédagogique de tout me mettre sur le dos. Encore aujourd’hui j’hésite à les poursuivre en justice. Je sais que je ne suis pas la seule à avoir subi ce genre de choses dans ce lycée, et qu’une jeune fille s’y est suicidée l’an dernier.

    1. En arriver au suicide c’est grave. Pour ma part ça n’allait pas du tout jusque là et je ne peux pas parler de harcèlement scolaire. Heureusement pour Moi!

  9. Un très bel article dans lequel je me reconnais beaucoup. Je n’ai pas eu de moqueries au lycée ça c’était plutôt mon collège mais en revanche j’ai vécu une grande solitude. J’ai fais 2 lycées à cause d’un déménagement en terminal ce qui n’a rien arrangé. Et puis je te rejoins aussi sur l’école de commerce pas d’amis pour moi de ce côté non plus, juste un chéri ce qui est déjà bien pour la célibataire que j’ai été pendant plus de 20 ans… Et au final les même conclusions, on ne change pas, on évolue mais on ne change pas, et il faut mieux le comprendre vite pour s’accepter et vivre de manière plus épanoui !

    1. Moi aussi, j’eu ma première relation amoureuse à 20 ans, en école. Comme tu dis, plus vite on accepte qui on est, plus vite on en fait une force…

  10. Salut! J’ai vraiment été touchée par ton article. Il m’a presque donné les larmes au yeux. On ressent à travers ton écrit tout ce que tu as dû subir. L’adolescence est vraiment une période marquante de la vie, et comme tu l’as si bien dit, elle va beaucoup influencer la personne que nous sommes aujourd’hui. Je suis heureuse que tu ailles bien mieux désormais, j’ai eu quelques expériences similaires, pas aussi dures que les tiennes. Mais je me mets à ta place, je pense que tu en ai devenue que plus forte.
    Très belle journée, belle vie à toi
    Des bisous
    Célia

  11. Je me reconnais beaucoup dans ton article, qui réveille des sentiments enfouis…
    Sauf que moi c’est à l’entrée en seconde que je me suis retrouvée complètement seule. Nouveau lycée, nouvelles têtes.. la rentrée a été très éprouvante, je me suis effondrée dès que ma mère m’a demandé « alors c’était comment? » je ne voulais plus y mettre les pieds. Je m’étais retrouvée dans une classe avec 98% de filles dont les centres d’intérêts étaient à des années lumières des miens (tenues très courtes et maquillage visible de très loin, agressivité, moqueries). Chaque jour de cette année a été une épreuve. j’ai beaucoup pleuré et séché les cours (surtout de sport). et même si j’ai cru devenir amie avec quelques exceptions, ça s’est toujours mal fini…Je me suis renfermée, j’ai fini par apprivoiser la solitude mais aussi cette blessure de l’abandon et du rejet.
    Les deux années suivantes ont été exceptionnelles pour moi. Changement radical ! Je me suis fait un cercle d’amis, je n’étais jamais seule. Je m’entendais avec tout le monde et j’étais appréciée. Je croyais que c’était solide. Mais ces « amitiés » ont disparu dès que le BAC a été derrière nous.

    Comme tu le dis, on se construit là-dessus et ça laisse des traces pour le reste de notre vie. Difficile de faire confiance quand on a une carapace hyper blindée. Mais je pense aussi que traverser ce genre de choses nous fait devenir plus forts : nous ne sommes pas de ceux qui changent qui ils sont juste pour se faire accepter.

    1. C’est curieux parce que personnellement cette carapace a disparu dès la fin du lycée dans mon cas. J’étais tellement avide d’affection et de contacts, etc que je laissais tout le monde venir à moi. C’est juste qu’en école de commerce, je n’avais pas les mêmes envies que tout le monde…

  12. Ce que tu as décris dans cet article, je l’ai vécu durant les deux dernières années du collège. Et ça s’est ressenti durant celles du lycée, tant dans les notes que dans mon ouverture vers les autres. Bref, ce ne sont pas des années de ma jeunesse/adolescence que j’ai gardé en bons souvenirs…

  13. J’ai toujours été timide et introvertie et pourtant je n’ai jamais eu de soucis pour me faire des amis au collège et au lycée…j’imagine à quel point cela a dû être dur pour toi!
    Mais tu n’as pas essayé de devenir quelqu’un d’autre pour te faire des amis, tu n’as pas essayé de changer pour plaire aux autres, ni de jouer un rôle et ça c’est tout à ton honneur!
    Bisous

    1. Je ne sais pas si c’est tout à mon honneur. Pour tout te dire ça ne m’a jamais traversé l’esprit en fait…

  14. Quel parcours ! Je découvre ton article tout comme je découvre ton blog grâce à…. je ne sais plus qui en fait. Je sais juste que ce quelqu’un a parlé de ton blog dans un récent TAG passé sur la blogosphère. Et qu’il a bien fait 🙂
    Pour en revenir à ton article, je comprends que la « digestion » de ces deux années soit toujours aussi difficile pour toi. Comme tu dis, c’est l’âge de la construction. Pour autant, je pense qu’on peut quand même renverser la vapeur. Restent alors les souvenirs même s’ils sont mauvais.

    Bonne soirée
    Cécilia

    1. Effectivement on peut inverser la vapeur et c’est que je m’attache à faire depuis plusieurs mois !
      Bienvenue ici et merci pour ta visite et ton commentaire. A bientôt alors!!

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