Vous n’avez pas besoin d’être exceptionnel pour être vous

 

Je me suis souvent sentir banale, ordinaire. Je ne suis pas le genre de personne qu’on remarque. On ne se retourne pas spécialement sur ma beauté dans la rue. Je n’ai jamais brillé à l’école avec des résultats spectaculaires. Je n’ai jamais accompli d’exploit sportif. Bref, je suis dans la moyenne, sans rien d’exceptionnel. Dans une société où on se compare sans cesse aux autres, ce n’est pas toujours facile. Et puis récemment, j’ai eu une sorte de déclic. 

 

Les idéaux exigeants : la chasse à l’excellence

Je vous en avais déjà parlé ici, j’ai un schéma dit des idéaux exigeants. Ça implique que je me sens obligée de tout faire bien. Et que quand j’échoue (ce qui arrive nécessairement), je ne le vis pas franchement très bien. Dans la vie quotidienne, ça passe par plein de petites choses. C’est se sentir obligée de lire des livres intellectuels ou du moins d’éviter les romans Harlequin (je n’ai rien contre ceux qui les lisent hein !). C’est avoir une vie sociale digne de ce nom. Même si j’ai parfois envie de rester tranquillement chez moi dans ma bulle. Ça passe aussi par le sentiment d’obligation d’avoir une maison rangée au carré, digne d’un magazine de déco. Vous savez, comme si Maison du Monde pouvait venir shooter chez vous d’une minute à l’autre. Pour d’autre, ce sera suivre cette injonction de la société à manger bio, à faire du sport, à être à la mode. Bref, vous l’aurez compris, c’est d’être « à la hauteur » sur tous les fronts, d’être exceptionnel justement. 

 

 

Sauf que vous n’avez pas besoin que je vous explique que 1/ ce n’est pas possible, on n’est pas Wonderwoman ou Superman. 2/ ce n’est pas forcément souhaitable pour chacun d’entre nous puisque ce sont des exigences fixées par la société et pas par nos envies individuelles. Au délà de ça, c’est un peu malsain. Tout simplement, parce que la baisse de régime fait encore plus mal. Vous êtes plusieurs à m’avoir dit en commentaire sur cet article que vous vous censuriez quand ça ne va pas trop, parce que « ça ne se fait pas de dire quand on a un coup de mou ». Encore un idéal exigeant. 

 

La place des réseaux sociaux : paraître exceptionnel

On ne va pas se mentir, les réseaux sociaux ont accru ce phénomène et ces idéaux exigeants. Avant, on se comparait juste avec ses copines. On arrivait au lycée, on checkait d’un coup d’oeil la tenue de chacun et on se positionnait comme ça. On allait au sport, on regardait rapidement de quoi chacun était capable et on se faisait un avis comme ça. Aux repas de famille, on discutait avec ses cousins. On apprenait que untel faisait telles études et que Cousine Julie venait d’être acceptée dans THE business school. Et s’estimait soi même sur cette base. 

Sauf qu’avec les réseaux sociaux, on se compare au monde entier. Sur LinkedIn, on apprend qu’untel qui était pourtant bien moins bien classé que nous a décroché un job de folie dans une boite au top. Via Facebook, on voit que nos anciens amis de lycée sont toujours potes entre eux et sont partis en roadtrip ensemble. Sur Instagram, on suit la perte de poids de Machine, qui va bien plus vite que nous. Et sur Hellocoton, on découvre que cette blogueuse qui a commencé après nous, dont on jugeait le style moins bon que le nôtre, vit désormais de son blog. 

On a vite fait de se comparer (aux mauvaises personnes et selon les mauvais critères) et de se dire que les autres ont un petit quelque chose d’exceptionnel et pas nous. Sauf qu’on oublie un léger détail. Au milieu de toutes ces tendances, de ce paraître, chacun a son petit truc. Et c’est parce que notre « petit truc » (nan les gars, je parle pas de ça…) ne s’affiche pas sur les réseaux sociaux qu’il n’existe pas.  Avoir 863 amis sur Facebook ne veut rien dire. Etre une oreille attentive pour vos (vrais) amis, ça ne figure pas sur les réseaux mais ça compte un peu quand même. Avoir 2896 like sur une photo Instagram c’est bien. Mais vivre une belle relation et avoir des projets avec votre copain, c’est quand même une belle réussite.

 

 

Bref, adhérer au mouvement et suivre des tendances c’est une chose. Mais je ne suis pas sûre que ce soit la bonne échelle de mesure pour déterminer votre degré de réussite dans la vie. On a beau se sentir obligé de suivre les modes, d’être vu pour exister, il y a des choses que les réseaux sociaux ne disent pas. 

 

Au travail : être compétent ne suffit plus

Pour ma part, c’est le travail qui a provoqué le déclic. Allez savoir pourquoi. Mais j’ai eu cet instant où la lumière s’est plus ou moins allumée et où je me suis dis « Déjà c’est pas parce qu’on ne te le dit pas que tu n’es pas bonne. Et si tu regardes bien, y a plein de choses que tu maîtrises auxquelles les autres ne pigent rien« . Et je ne parle qu’à l’échelle de ma boite. Alors certes, mon travail n’est peut-être pas exceptionnel mais il est bon. Il est même très bon. 

Ca va tellement vite aujourd’hui. Vous sortez d’une école de commerce à 40 000 euros. On vous a répété pendant 4/5/6 ans que vous alliez être les cadres de demain. Vous allez devenir managers dans des grandes entreprises, des entrepreneurs qui vont révolutionner le monde. Et puis vous arrivez sur le marché du travail et… Wahou la claque ! Vous réalisez que non seulement, il va falloir trouver une job et que ça va pas être une mince à faire. Mais en plus, une fois que vous l’aurez, il faudra se défoncer. Il y aura nécessairement la pression des chiffres, ce besoin d’accumuler des compétences. Vous allez vous rendre compte qu’on cherche bien souvent le mouton à 5 pattes, cet être exceptionnel qui n’existe que dans la tête des recruteurs. Et pour autant, on ne vous fait pas une ola à chaque fois que vous perfomez sur quelque chose. Parfois vous avez un compliment, parfois à peine un merci. 

Je crois que j’ai tout simplement réalisé que je suis bonne dans ce que je fais. Ouai. Ca y est, c’est dit, c’est écrit. Et je n’ai pas honte de le dire. D’autres; à petite, moyenne ou grande échelle, ont d’autres compétences. Certains ont un meilleur réseau, d’autres sont meilleurs en négociation commerciale. Et puis il y en a qui savent construire un immeuble, opérer à cœur ouvert ou cuisiner des merveilles avec trois fois rien. Je ne sais pas faire tout ça, mais je sais faire d’autre chose. Ça n’est pas exceptionnel pour certains. Pourtant je fais le job, je « fais la blague » comme on m’a dit un jour. Je suis rigoureuse, impliquée, souriante (si on ne me fait pas trop chier), de bonne volonté, motivée, curieuse. J’ai l’esprit d’équipe, une vraie envie de bien faire. J’ai aussi des compétences techniques, n’en déplaisent à certains qui pensent que mon métier, c’est du vent. Et puis quoi que j’en pense, il y a des choses où je ne me sens pas assez bonne mais je suis pourtant meilleure que certains. 

 

 

Bon et puis, il serait temps que j’apprenne à entendre les compliments. Ils viennent parfois de là où on ne les attend pas. Ils n’ont pas toujours la forme attendue. Mais il sont toujours bon à entendre. Je les attends de la part de mon employeur ou de mon manager. Et pourtant, ce sont mes prestataires, mes intérimaires ou même mes clients qui m’ont fait les plus beaux compliments. Et au final, je crois que c’est encore meilleur. 

 

Pour être exceptionnel, soyez juste vous

Alors que ce soit dans ma vie personnelle, professionnelle, amoureuse, je vais essayer de baisser les exigences. Je crois qu’au lieu de viser l’excellence et l’exceptionnel, je vais déjà tâcher d’être en accord avec moi même. De faire ce que j’aime pour les bonnes raisons. Je vais décider d’être heureuse et de me satisfaire de ce que j’ai comme dirait l’autre. 

Je pourrais avoir d’autres compétences, plus de compétences, faire plus de choses, les faire mieux. On peut toujours faire plus, on peut toujours faire mieux. Mais on peut aussi estimer que ce qu’on fait c’est déjà bien. Etre ambitieux c’est une chose, c’est même une qualité selon moi. Mais ne pas savoir reconnaître sa valeur et la faire connaitre, c’est une vraie épine dans le pied. Toute quête doit nous apporter quelque chose. On ne court pas après quelque chose si ça ne contribue pas à notre bien-être et même à notre bonheur. Il faut que l’effort en vaille la peine. Pourquoi se donner un mal de chien quand ce qu’on donne/dépense/sacrifie est plus grand que ce qu’on reçoit/gagne/retient ?

Chacun est unique. Alors pourquoi chercher à être exceptionnel quand on peut juste être soi ? Et c’est déjà très bien. 

 

 

 

 

17 commentaires pour “Vous n’avez pas besoin d’être exceptionnel pour être vous

  1. Waouh, une vraie claque ton article !
    Ça fait un bien fou de lire ces mots très bien écrits, ces mots que je me répète aussi depuis quelque temps.
    C’est vrai, nous sommes légitimes. Je ne suis peut-être pas aussi jolie et fine et healthy que cette instagrammeuse Australienne mais je suis moi et le plus important, c’est d’apprendre à trouver le bonheur dans ma vie, telle qu’elle existe, et ne pas lui courir après.
    Nous devons apprendre à être fières de nous-mêmes !

    1. Il y aura toujours mieux… selon nous.
      Parce qu’au final c’est différent donc la comparaison ne tient pas la route 😉

  2. Pioufffffff, ma chère vous m’avez fait exploser mon petit coeur bien chamallow depuis quelque temps! Post partum encore un peu présent peut être;)

    Je suis tellement heureuse d’être tombée sur toi chère Azylis et tu es merveilleuse et tes mots résonnent en moi comme un boomerang. Merci pour cet article il est tout en même temps, il fait du bien. J’ai voulut plusieurs fois écrire ce genre d’article mais je n’y arrive pas. Autant parler de ce qu’il se passe sur les réseaux, de qui nous sommes et qui nous voudrions être. Une question de fond…

    As tu déjà regardé la série Black Miror? apparemment il y a un épisode qui parle de l’existence des gens, comment ils peuvent réussir et se qu’il se passe quand ils échouent apparemment c’est bluffant tellement c’est proche du réel.

    Je suis en plein épanouissement professionnel et ça faisait bien longtemps, j’ai hâte de réellement démarrer mon projet et je crois les doigts pour qu’il fonctionne…

    Merci et je te souhaite le meilleur ici et là mais surtout ailleurs;)

    Tendrement,

    Amandine

    1. 🙂
      Cet épisode de Black Miror, tout le monde m’en parle ! Je n’ai jamais regardé cette série mais apparemment c’est plutôt bien fait ! Et du coup c’est encore plus flippant de voir ce qu’il pourrait se passer.

      Pour ma part, je cherche encore l’épanouissement professionnel… C’est pas gagné mais j’y travaille !

      A bientôt

  3. Bel article ! Concernant le travail, c’est bien la raison pour laquelle j’ai voulu entreprendre. Ce manque de reconnaissance qu’il y a parfois dans le monde de l’entreprise, ne serait-ce qu’un merci de la part de sa « hiérarchie » comme tu l’exprimes si bien. En tout cas, on ne vit qu’une fois, alors pour sa propre satisfaction, à quoi bon se prendre la tête et être en quête d’une image parfaite vis à vis des RS,ou de son boss. Tant que l’on reste confiant et que l’on garde les pieds sur terre, le plus important, c’est de se dire : je me sens bien et de relativiser (surtout lorsqu’on prend le temps de voyager et de voir ce qu’il y a autour) et puis parce qu’il y aura toujours mieux (au regard de la société) Mais le mieux, n’est ce pas l’ennemie du bien ? haha (je philosophe) 😉 Sur ce, belle soirée !

  4. Je suis aussi du genre à demander beaucoup de moi même, sans doute trop…mais j’ai eu le même genre de réflexion que toi. Dans mes précédents jobs j’étais vraiment compétente et efficace…et comme tu dis, même si on ne te le dis pas tous les jours, c’est bon de se le répéter à soi même (pour ne pas sombrer?)

  5. J’aime beaucoup ton paragraphe sur les réseaux sociaux, c’est tellement ça!! On a toujours l’impression que les autres font mieux que nous.
    En tout cas, il y a une qualité chez toi qui est indéniable, c’est ton écriture. Je pourrai te lire pendant des heures.

    1. On ne voit qu’une petite partie de la vie des autres. Souvent celle qui est rose. Mais ils ont leur part de galère autant que nous !
      Merci pour ton compliment qui me touche énormément. C’est quelque chose que j’aimerai inclure dans mon évolution professionnelle et ce genre de petits mots m’encourage à le faire !

  6. tout à fait d’accord avec toi. Être unique nous rend unique et puis c’est tout !
    Arrêtons de vouloir être parfaite car c’est le Burn out assuré. Je me permets le droit d’être imparfaite depuis quelques années et ça me va très bien au teint.
    Bon week end

  7. C’est tellement vrai ! Et tellement triste aussi. C’est loin d’être gagné pour tout le monde mais faut vraiment que chacun se sente unique comme tu dis, ça aidera. Bel article.

    1. Merci 😉
      Effectivement c’est loin d’être gagné mais parce que dans beaucoup de situations, il faut faire mieux que les autres pour avoir sa place…

  8. Entièrement d’accord avec toi !
    Et honnêtement, ça fait du bien de se le rappeler de temps en temps =) C’est tellement difficile de prendre du recul, suffisamment en tout cas pour se rendre compte qu’on est ce qu’on est, qu’on ne doit pas se forcer à être ce que la société voudrait que l’on soit.
    Au niveau du travail, ce genre de sur-perfectionnisme peut vite conduire au surmenage ; alors oui le travail est important (et je te dis ça en qualité de fille plutôt ambitieuse et perfectionniste) mais il ne doit pas être la finalité. Le jour où l’on sera gravement malade ou carrément sur notre lit de mort, crois-tu que l’on pensera à notre réussite professionnelle, ou à nos proches et à la vie qu’on a mené jusqu’ici ?

    Et sinon, je suis trop curieuse, j’aimerais savoir ce que tu fais comme métier =)

    1. Tu ne crois pas si bien dire concernant le travail malheureusement….

      Je suis chef de projets événementiels. Donc je n’ai pas de compétences techniques a proprement parler, contrairement a un médecin, un ingénieur ou un trader financier. Mais je fais de la relation client, de la gestion de projets, de la négociation commerciale, de la compta, de la logistique, du digital,… Et plein d’autres choses ^^

      1. Merci de ta réponse 🙂
        Ca a l’air passionnant ton métier, l’idée d’avoir plusieurs casquettes, mais certainement pas évident !

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