Rapport au travail : quand on vous pousse vers une porte que vous avez déjà entreouverte

 
Voilà septembre qui se pointe avec son été indien, ses jolies couleurs d’automne, sa lumière si particulière et… et sa rentrée ! Et oui. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai parce que quand on fait partie de la team salariés, la rentrée est bien souvent en août. Le 21 août j’ai donc repris le chemin du travail.

Quand la rentrée est synonyme de bilan

Force m’a été de constater que je n’étais pas vraiment (du tout) dans le même état d’esprit que les année précédentes. Il y a deux ans, je pleurais au péage de Saint Arnoult à l’idée de retourner au bagne boulot. Il y a un an, je rentrais l’esprit léger, contente de mes vacances, impatiente de m’attaquer à ces grands projets de rentrée. Et cette année? Cette année, je reviens blasée, la tête ailleurs, résignée à voir les jours s’écouler.

Je vous en avais déjà parlé ici, je ne prends plus vraiment de plaisir dans mon boulot. Le début d’année a été l’occasion d’une prise de conscience. Le mois de juin a été redoutable, particulièrement éprouvant. Il m’a laissée sur les rotules, amère, en colère. J’ai tapé du poing sur la table. Pour une fois, j’ai exprimé verbalement et ouvertement mon mécontentement. J’ai refusé des choses, j’ai remis les points sur les i. Il y a eu cet entretien avec mon manager. Je pense que cette première quinzaine de juin a joué un tournant dans ma vie. Elle a achevé de me convaincre de ce que je savais au fond de moi. Et cet entretien n’était qu’une clarification de tout ça. On m’a dit « si un jour, tu n’es plus motivée, il faut changer mais ce serait dommage, tu es faite pour ça ». La réponse c’est que c’est à moi de trouver la motivation, que c’était à moi d’avoir envie de faire ce boulot dans les conditions qu’on me propose (ou qu’on m’impose, tout dépend comment on voit les choses). Il n’y avait rien à attendre. Au final, le message est clair : au bout d’un an et demi à me donner à 200%, à m’investir, à faire mes preuves, on n’a rien de plus à me proposer. Aucune évolution de poste, de salaire, de quoi que ce soit. Qui aurait envie dans ces conditions? Qui serait capable de se motiver ?
 
 

Travailler, pour quoi faire ?

 En sortant, je me suis posée cette question qu’on ne se pose sûrement pas assez : qu’est ce que mon travail m’apporte ? A savoir que je suis le genre de personne qui n’envisage pas de ne pas travailler. Le chômage m’angoisse, quand j’ai cherché du boulot à ma sortie de l’école, chaque journée supplémentaire était de trop (ça n’a pourtant duré qu’un mois et demi). Même si je gagnais au loto, je continuerais à bosser. Je conçois le travail comme un vecteur social, un intégrateur. Je suis bien conditionnée hein ? 
Et aujourd’hui quand je réfléchis, mon travail n’améliore pas sensiblement ma qualité de vie. Certe il paye mes factures mais je pourrais aussi bosser moins, faire un job bien plan plan et je profiterais de la même manière. Il ne m’apporte pas de fierté particulière ou de sentiment d’accomplissement. Parce que mes supérieurs considèrent tout ça comme normal. Et parce que la satisfaction et la fierté que je retire des retours de mes clients sont vite estompés par le reste. Aujourd’hui soit je suis débordée, au bord du craquage, soit je m’ennuie. On ne me propose pas d’évolution particulière, d’aucun ordre. 

Spirale négative

Alors quand la fierté ne paie pas les factures que reste-t-il ?
Et bien il rester la colère et l’amertume. Parce que j’avais envie, c’était le métier que je voulais faire. Je voulais m’investir, je voulais collaborer, participer. Et en même pas un en et demi, ils ont réduit tout ça à pas grand chose. Il reste le sentiment d’injustice. Celui qui dit « tu as travaillé dur pour en arriver là, tu as essayé de faire les bons choix, tu as donné le meilleur de toi même, tu t’es investie et pourtant ça ne paye pas ». A 26 ans, je n’ai plus envie. Je fais partie de cette génération désabusée qui envisage la reconversion avant ses 30 ans. Déçue par le monde du travail. 
Il me reste l’ennui, la frustration. Quoi de pire que d’aller au boulot tous les jours en sachant qu’on va passer 8h à regarder le temps passer ?
 
 
Tout ça m’amène à changer mon rapport au travail. Aujourd’hui, je n’ai tout simplement plus envie. Je veux travailler pour mon indépendance financière, pour me sentir utile, faire quelque chose de mes journée. Et en même temps, j’ai envie d’un job bien planplan, sans enjeu, où il n’y a pas de doute possible. On fait bien son travail, et puis voilà. Je ne veux plus de responsabilité, plus de ce statut de cadre où on vous fait miroiter des choses pour rien. Je ne veux plus de discours d’entreprise plein de blabla et de vent. On me demande si je ne suis pas fière de tout ce que j’accomplis. Si mais et alors ? Qu’est ce que ça change ?

Le déclencheur qui vous pousse de l’avant

Ce mois de juillet a marqué le début de la fin. Il a marqué la fin d’une période de transition dans mon boulot. Aujourd’hui, je suis sûre de moi, des choix que je m’apprête à faire. Je SAIS que c’est mieux pour moi et que je n’aurai pas de regret. L’envie a disparue et ne reviendra pas. J’aime aider mes clients, travailler pour eux, les voir satisfaits et leur avoir été utile. J’aime l’exaltation du terrain, courir partout, le sentiment de vivre des moments uniques, chargés en émotions. Et pourtant je ne veux plus faire ce métier. J’aime ça, mais je donne trop pour ça. J’aime ça mais il n’y a pas de reconnaissance de l’entreprise, il y a des choses qui vont à l’encontre de mes valeurs, on ne nous motive pas, on ne fait rien pour nous donner envie. La dynamique et le projet sont ceux de l’entreprise mais les salariés ne sont pas inclus dans le projet. Ils n’en retirent rien.
 
 
Je regardais déjà dehors. Je l’ai dis. On m’a entrouvert la porte. Il n’y a aucun doute que le moment venu, quand je l’aurai décidé, je franchirai le pas. D’ici là, je regarde l’herbe forcément plus verte ailleurs et j’écoute les oiseaux chanter dehors…
 
 
 
 
 

6 commentaires pour “Rapport au travail : quand on vous pousse vers une porte que vous avez déjà entreouverte

  1. Je suis dans une agence de communication, je fais des films pour les entreprises, mais c'est pas tant les projets qui ne me motivent plus (quoi que ça fait partie des nombreuses raisons) mais c'est surtout les comportements de mes collègues et supérieurs… Plus de bonjour, plus de respect, plus de reconnaissance. On essuie boulette sur boulette et personne ne nous remercie (nous les exécutants sans qui ILS ne seraient rien) d'avoir réglé les problèmes en y laissant notre vie.. ! Bref il est temps que je m'en aille je crois !! 🙂

    1. Je vois plutôt très bien ce que tu veux dire… Perso j’ai la chance d’avoir des top collègues mais ça ne fait pas tout…
      Effectivement, il est plutôt temps d’aller voir ailleurs !

  2. En lisant ton article, j'ai eu l'impression de me lire. De lire tout ce que j'aurais envie d'exprimer, d'expliquer, sans vraiment arriver à le dire. Je te comprends et je ressens à 100% la même chose. Aucune reconnaissance, aucune évolution, rien. Je suis pas très loin de la sortie moi aussi … Bon courage en tout cas !

    1. Tu fais quoi comme boulot actuellement ?
      C’est malheureusement mais j’ai l’impression qu’on est assez nombreux à se sentir comme ça….

  3. Bon courage pour la suite.. c'est pas facile quand on ne se plaît plus dans son travail. Je suis dans la même situation, le management est horrible et j'aimerais travailler pour moi seule maintenant.. A seulement 26ans, je suis vachement déçue du monde du travail aussi.

    1. C’est sur que ce n’est pas facile mais bon, on fait aller… J’ai une vision assez claire des prochains mois, je me raccroche à ça.
      Travailler pour moi, ça me fait envie en soi. Mais il ya beaucoup de risques à prendre et à assumer et je ne suis pas prête pour ça…

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