A vous lire #7 La camarguaise de Françoise Bourdin

 

On se retrouve pour une nouvelle chronique lecture ! C’était un roman parfait pour l’été, il sentait bon le sud et les vacances. En tant que cavalière, j’ai forcément directement accroché avec le résumé. Aujourd’hui, je vous présente La Camarguaise de Françoise Bourdin.

En quelques mots

À la mort de François Valence, sa petite-fille Jordane a repris en main le Biloba, la bastide familiale située en plein cour de la Camargue. Mais comment l’exploitation de champs d’iris, de moutons mérinos et de chevaux andalous pourrait-elle sauver de la ruine un si lourd héritage ? Déchirée à l’idée de perdre son domaine convoité par les huissiers, et trop fière pour accepter l’aide de Lionel, son mari dont elle est séparée, la jeune femme décide de transformer la propriété en hôtel de luxe. Un choix qui sera violemment critiqué car, au sein des dynasties arlésiennes, on n’aime guère les touristes…

La Camarguaise, c’est une histoire avec des personnages forts et attachants. C’est un roman qui transpirent les sensations, on lit vraiment avec ses cinq sens je trouve. Les descriptions sont incroyables, comme toujours avec Françoise Bourdin d’ailleurs ! On voit l’herbe sèche, la poussière. Ca sent le cuir, la transpiration et l’orage. On entend les chevaux qui s’ébrouent, les oiseaux qui pépient.

 

La camarguaise de Françoise Bourdin
 

Il y a des thèmes très forts, à l’image des personnages.

Ce qui m’a marqué avant tout, c’est la place donnée aux femmes dans cette histoire. Ce quatuor de femmes est vibrant d’authenticité. Elles sont prêtes à tout pour défendre ce en quoi elles croient. Elles ont des personnalités entières et complexes. Sous les apparences se cachent parfois bien plus. Et autour de ces héroïnes, on a des hommes. Ils subliment ces femmes qu’ils cherchent à séduire. Ils sont parfois un peu lâches, égoïstes ou bruts de décoffrage. Mais on les sent pleins d’émotions dans le fond.

Mon avis 

Parmi ces quatre femmes, il y en a une autour de laquelle tout tourne. Elle s’appelle Jordan. Elle a un nom plutôt masculin, elle fait un métier d’homme, elle évolue dans leurs cercles et surtout elle leur tient tête. Ce roman, c’est une réflexion sur la place de la femme dans la société, dans les milieux masculins. C’est un hommage à l’indépendance des femmes. Et pourtant, cette femme si entière conserve une grande part de sensibilité, qu’on entrevoit avec beaucoup de pudeur. 

J’ai adoré le personnage de Jordan, cette femme à double facette. On la voit si forte pour ne pas craquer, qui s’acharne et qui ne veut pas abandonner, coûte que coûte. Mais on sent au fond un besoin latent, qu’elle refuse de s’avouer, de s’abandonner auprès d’un homme. Il y en a un auprès duquel on voudrait qu’elle s’attache. On devine aussi à demis mots sa peur qu’on sait si légitime. Elle a un côté sauvage, forte, indépendante. Je ne l’envie pas, mais elle est admirable.

 

 

Comme bien souvent dans les romans de Françoise Bourdin, la place de la famille est prépondérante. On retrouve ici le poids de l’héritage familial, des traditions, la notion de clan. Ici Jordan veut poursuivre le travail de son grand père, rendre hommage à son héritage. La camarguaise ne conçoit pas de devoir mettre fin à tout ça, d’être celle qui mettra la clé sous la porte. Elle est talentueuse, elle a ça dans le sang. Et pourtant, parfois ça ne fait pas tout ! Parce que les réalités du monde sont parfois injustes. 

On referme le livre en voulant connaitre la suite ! J’espère vraiment que l’auteur écrira un second tome. Il y a encore beaucoup de choses à exploiter.

 

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