A vous lire #9 Dans le berceau de l’ennemi de Sara Young

berceau ennemi sara young
 
 
De retour avec une nouvelle chronique lecture ! Ma PAL continue à descendre malgré la rentrée. Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’une de ces lectures, qui date maintenant d’il y a un mois. Mais je dois dire que ce livre m’a marquée. Il m’a d’ailleurs fallut attendre un peu avant d’en commencer un peu pour le digérer. Il s’agit de Dans le berceau de l’ennemi de Sara Young

En quelques mots

 

 1940. Cyrla, 19 ans, a quitté sa Pologne natale pour trouver refuge à Schiedam, dans la Hollande occupée. Quand sa cousine Anneke, qui lui ressemble trait pour trait, succombe à un avortement raté, Cyrla décide de prendre son identité afin d’échapper aux délateurs. Mais cela signifie aussi rejoindre l’ennemi, car Anneke devait accoucher de l’enfant d’un officier de la Wehrmacht.
On suit le quotidien de Cyrla, une jeune juive polonaise, immigrée aux pays-bas pour fuir le nazisme. Suite à la mort de sa cousine à qui elle ressemble tant, comment va-t-elle prendre sa place ? Comment va-t-elle intégrer le Lebensborn ? Par quel moyen va-t-elle dissimuler son identité ? Et surtout, que lui arrivera-t-il une fois qu’elle sera dans cet établissement ?
L’histoire est captivante, on dévore les pages plus qu’on ne les lit. On embarque complètement avec Cyrla qui devient Anneke. En lisant, on partage ses émotions, ses doutes, sa tristesse, ses angoisses. On a hâte de connaitre la fin autant qu’on la redoute.
 
berceau ennemi sara young

Et dans ces mots

C’est un récit vibrant sur les Lebensborn. L’auteur nous dresse une description très précises et documenté de ces haras humains, mis en place par Himmler. L’homme a ainsi cherché à participer à l’établissement d’une race pure en accueillant dans des foyers des jeunes filles de race aryenne enceintes afin de récupérer leurs enfants et de les élever pour le Reich. Le sujet fait froid dans le dos. Et pourtant, ici il est traité avec précision mais pudeur. Le sujet est sensible mais ici point de jugement, juste des faits.
 
Cette période troublée de l’histoire mondiale a donné lieu à de nombreux romans, dont certains ont beaucoup fait parler d’eux, ou donné lieu à des films comme Elle s’appelait Sarah. Pourtant les Lebensborn restent une part sombre et peu connue de cette période de l’histoire. Et pour cause, les allemands ont fait leur maximum pour ne pas laisser de trace, pour effacer l’existence de ces endroits, des femmes qui y ont séjourné et des enfants qui y sont nés. Ils ont brûlés les documents, ils ont agit entre eux en tenant les habitantes voisins à distance, en fermant les Lebensborn avant que les choses prennent une mauvaise tournure pour eux. Aujourd’hui encore, des enfants nés dans ces foyers cherchent toujours leurs racines. Ce n’est donc pas un énième livre sur la Seconde Guerre Mondiale.

Mon avis

Le sujet est forcément percutant. J’avoue avoir une légère fascination morbide pour cette période de l’histoire. Je crois que mon esprit à du mal à concevoir de l’histoire si sombre et si éloignée de mon quotidien. Et puis je crois que j’aime à  me rappeler ce qui s’est passé, comme un devoir de mémoire. Pour ne jamais oublier, mais surtout pour que ça ne recommence jamais.
Ce livre est une leçon d’histoire déguisée. Il raconte des faits réels et même s’ils sont romancés, on devine que la réalité n’est vraiment pas loin derrière. J’y vois une manière efficace et plus douce de faire connaitre la vérité.
 
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Ce livre m’a également touchée car il renferme une très belle histoire d’amour. Petit à petit, deux protagonistes vont dépasser les préjugés, voir les hommes derrière la guerre et voir plus loin que la propagande. L’histoire raconte comment les hommes et les femmes restent humains et qu’une appartenance raciale, ethnique, religieuse ne définit pas qui on est. Les émotions et les sentiments ont leur place, même en temps de guerre. Comme si les actes les plus abjectes de l’Homme ne pouvait pas effacer ça.
 
Et enfin, j’ai trouvé le message fort et positif. Au delà d’un récit sur la guerre, c’est surtout un message de paix, d’apaisement presque. L’auteur fait entendre que tous les allemands, tous les soldats n’étaient pas des nazis sans foi ni loi. La plupart restaient des hommes, animés de sentiments contradictoires. Beaucoup n’avaient pas le choix et ont soufferts. Certains ont du aller contre leurs principes pour sauver leur vie. Le roman rend hommage à tous ces petits actes de courage et de résistance qui ont parsemés les années de guerre. En refermant le livre, on réalise que du bon peut sortir d’un drame. J’ai trouvé ça beau, émouvant, bouleversant même.
 
Si vous cherchez un roman fort, émouvant, inspiré de faits réels et une belle histoire d’amour, n’attendez plus 😉
 
 

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