A quand le respect du corps des femmes par leur soignants?

Violences gynécologiques
 
 Il y a quelques semaines, une info est tombée et elle a fait du bruit. Notre secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a demandé la réalisation d’un rapport sur les violences obstétricales.

Les violences gynécologiques sous les feux de la rampe

Le phénomène en soi n’a malheureusement rien de nouveau. Mais la réaction de certains continue à me laisser sur le cul. Rien de moins. Alors remettons les choses au clair. Sur Facebook (la magie des réseaux sociaux…), un article est passé dans mon flux. Il expliquait la demande de Marlène Schiappa, ce qui l’avait motivée et rappelait quelques éléments de contexte. L’article rappelait notamment ce qu’est le point du mari (une épisiotomie recousue plus que nécessaire pour le plaisir de Monsieur). Il décrivait brièvement ce qu’on entend par violences gynécologiques et obstétricales. C’est fou mais à chaque fois, ça me fait le même effet : une boule dans le ventre. Je reste sans voix en lisant ces mots et en appréhendant ces réalités que je connais pourtant.
 
J’ai découvert il y a quelques mois le site « Payes ton gynéco » qui permet aux femmes de témoigner des violences qu’elles ont subi. J’ai eu froid dans le dos, disons le clairement. Comment peut-on espérer que les femmes se fassent soigner correctement quand on sait ca?

Les réactions des internautes : pires que les faits ?

Plus que l’article, ce qui m’a marquée, ce sont les commentaires. Il y avait ces soignants qui trouvaient ça normal, qui disaient que les médecins savaient mieux que les autres et que si on agissait ainsi, il y avait sûrement des raisons. Il y a des étudiants en médecine qui sont déjà persuadés du bien fondé de tout ça, et qui du haut de leur 5 ans d’études se prennent pour des cadors! Comment peut-on être aussi imbu de soi même? Où est l’humilité? Qu’est ce qui peut justifier une violence, qu’elle soit morale ou physique?
 
Il y avait ceux qui niaient tout bonnement les faits en affirmant que ça n’existe pas. A vous : renseignez vous! Allez lire les témoignages et osez me dire que ça n’existe pas. Il y avait ceux qui disait que ce rapport c’était de l’argent jeté par les fenêtres, que ça ne sert à rien. J’ai eu envie de leur dire que si la catégorie précédemment citée existe, s’il y a encore des gens qui pensent que tout ça n’est qu’affabulation, il y a un réel besoin de ce rapport.
  

Subir sa condition de femme en 2017

 Je suis choquée, horrifiée que des médecins se donnent le droit de manquer de respect aux femmes, que certaines trahissent leur serment d’Hippocrate. Ils jurent, rappelons le « Je n’utiliserai pas mes connaissances médicales pour enfreindre les droits de l’homme et les libertés civiques même sous la menace ». Ils s’adjugent le droit de passer outre le consentement. Comment peut-on faire autant d’années d’études et travailler autant pour exercer un métier autrement que par passion? Et quand on fait son métier par passion, comment peut on le déshonorer et le salir à ce point? Ces médecins ont ils conscience du mal qu’ils font? Ont-ils conscience de la violence de leurs actes ? Des mois, des années nécessaires pour se remettre et guérir des blessures qu’ils auront causé. Comment peut-on refuser d’écouter des femmes qui vous font confiance? Pourquoi les rabaisser à la position d’enfant, refuser d’entendre leur voix alors qu’elles connaissent leur corps? Je ne comprends pas et ça me rend dingue.
 
Je suis effrayée de penser qu’en tant que femme, je peux un jour devoir faire face à ce genre de choses. En lisant ces témoignages, je me dis « pourquoi n’a-t-elle pas dis stop à ce moment la? » ou « pourquoi a-t-elle cédé ? ». J’essaie de me convaincre que je saurai dire non, m’imposer, qu’au nom de ces femmes, je saurai dire non. Et pourtant, même comme ça, serais-je protégée? Combien de femme découvre après coup ce qui s’est passé, ou quand les faits ont commencé ? Moi qui suis déjà très peu à l’aise avec cet aspect de la médecine, tout cela ne me fait fuir que plus.
 
Je suis en colère contre ces gens qui nient ces violences faites aux femmes. Bien souvent il s’agit d’hommes, peut-être mal à l’aise avec la question, sûrement pas au courant de ce qu’on peut ressentir. Les témoignages se multiplient, on en parle de plus en plus, certains phénomènes ont un nom générique. Et pourtant, certains continuent à refuser de reconnaître l’existence de ces faits. Ils se servent du prétexte foireux que les médecins sont des gens qui ont fait des études. Ils vous diront qu’ils ont des compétences dont dépendent notre santé et que nous ne maîtrisons pas. 
 
 
Je suis peinée pour ces médecins qui se retrouvent associés à ces déclarations, dont on bafoue la conscience professionnelle. Parce que non, tous les gynécologues obstétriciens ne sont pas a mettre dans le même sac. Certains sont de vrais professionnels de santé, doux, patients, respectueux, conscient de ce qu’ils ont entre les mains. Ils s’efforcent chaque jour de soigner dans le respect de la dignité et des choix de chacun.
 
J’espère bien que ce rapport va rendre compte précisément de la situation. Qu’il va établir clairement ce qu’il en est, avec des chiffres. Qu’il pourra établir les problématiques pour qu’on puisse trouver des solutions. J’espère que cela permettra aux femmes de se sentir reconnu, qu’elles oseront affirmer leur voix et qu’elles pourront dire non. La violence ne doit jamais être légitimée.
 
 
 

4 commentaires pour “A quand le respect du corps des femmes par leur soignants?

  1. Un super article, car je trouve que l'on en parle pas assez. De plus quand cela nous arrive, on ose pas forcément l'ouvrir car si c'est le docteur ou le personnel soignant généralement on fait confiance, on se dit que ça doit être comme ça, on est pas forcément au courant de tout.
    IL y a aussi les personnes qui vénèrent les médecins quoiqu'ils fassent de part leur statut, j'ai appris à faire la part des choses il y a bien longtemps et non ce ne sont pas tous de bons médecins qui ont raison bien qu'ils aient fait 10 ans d'études.

    En ce qui concerne mon accouchement j'ai eu de la chance d'avoir une équipe formidable. Par contre c'est vrai que comme c'était mon premier je n'ai pas trop osé m'imposer, dire ce que je voulais vraiment.
    Je t'embrasse

    1. Pour un premier, je pense que c’est toujours plus compliqué. Pour ma part, quand le moment sera venu, je crois que si besoin, j’essaierai de repenser à tout ça et d’oser m’affirmer.

      Effectivement, ce n’est pas parce qu’on a fait 10 ans d’étude qu’on est bon dans ce qu’on fait. Mais c’est toujours difficile quand ça touche au corps et à la santé. Ce dont des choses qu’on ne maitrise pas et qui pourtant nous impacte énormément !

  2. Comme toi, je suis choquée des témoignages que je peux lire. Je me demande comment c'est possible.
    J'essaye toutefois de mitiger mon opinion en me disant qu'on entend pas les témoignages de bons médecins qui font bien leur travail.
    Comme partout, il y a des médecins qui se croient tout permis et d'autres qui vivent pour leurs patients.
    J'ai prévenu mon mari que si j'accouchais par voies basses,je ne voulais pas une épisio barbare !

    Merci pour cet article !
    A bientôt
    Little No ��
    http://touchesdenvie.wordpress.com

    1. Oui on entend moins ces témoignages là. C’est pour ça que je suis triste pour tous ces médecins qui font bien leur travail. Ils sont vite mis dans le même sac…
      Après pour ton accouchement, le problème c’est que tu n’auras peut-être pas le choix. Il faut savoir s’imposer dès le début je pense !

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