Courrir ne sert à rien, il faut partir à point: réflexion sur le temps qui passe

 

Depuis plusieurs années, j’ai l’impression de courir sans arrêt. Rares sont les soirées où je n’ai rien à faire. J’ai l’impression d’avoir sans cesse des obligations, quelque chose à faire. Et paradoxalement, j’ai l’impression de ne rien faire de particulier.

Et courir après le temps

Je sors peu, je n’ai pas de loisir à des créneaux fixes, je fais des horaires de boulot assez classiques (enfin en temps normal…). En bref, j’ai le quotidien d’un jeune cadre parisien avec son métro, boulot, dodo. Le reste est censé être du temps libre. Et pourtant le soir, il arrive toujours ce moment où je lève les yeux et m’aperçois qu’il est déjà 23h30 et qu’il serait temps d’aller dormir.
Comment sommes-nous censé faire ? J’ai la désagréable sensation de courir après le temps comme si j’allais mourir demain. Comme si toutes ces choses devaient être faites avant demain. Pourtant j’ai toute la vie devant moi. Suis-je la seule à me mettre autant de pression ? Suis-je la seule à avoir l’impression que toute minute passée à ne rien faire est une minute de perdue, qu’on ne rattrape pas ? Comment faire pour lâcher prise ?
 
On fait la course à toujours plus. On achète toujours plus, on consomme pour tenter d’être heureux, on fait des stratégie pour s’enrichir et avoir toujours plus d’argent. Mais l’argent n’achète pas le temps. C’est peut-être la seule chose qui nous file entre les doigts sans que l’on ne puisse rien faire. Impossible d’arrêter la pendule, de figer le temps. On ne peut pas contrôler les heures qui passent,  les minutes qui s’égrènent et les seconde qui filent. Alors on essaie de courir aussi vite que le temps.
 
 
 

Optimiser son temps pour en gagner

Pour palier à ça, je suis hyper organisée. J’ai des to-do pour tout, tout le temps. J’essaie d’exploiter chaque minute disponible pour avancer sur mes différents projets. Je chercher à déterminer à l’avance combien de temps me prendra chaque tâche pour diviser ma journée et ainsi pouvoir abattre le programme sans même avoir besoin d’y réfléchir. Ce qui me parait être une force dans ma vie professionnelle me semble effrayant dans ma vie personnelle. Quand suis-je montée à bord de ce train fou ? Quand ai-je accepté de ne jamais m’arrêter ?
 
J’en arrive à culpabiliser de ne pas avoir le temps de tout faire. J’essaie d’être plus performante, plus rapide, plus organisée. Je fais plusieurs choses en même temps. Pendant que les pâtes cuisent, je lance une impression et je corrige un article. Je lance le transfert d’un fichier pendant que je découpe les documents imprimés. Et les pâtes sont trop cuites. 
Chaque trajet de métro en fin de journée est comme la minute avant le départ de la course. Je marche à toute vitesse dans les couloirs pendant les correspondances. Dans ma tête, je déroule la liste de tout ce que j’ai à faire. Je suis dans les starting blocks. Et à peine arrivée à la maison, je commence ma deuxième journée.
A côté de ça, le week-end, je dors jusque tard dans la journée. Souvent, mes jours de week-end ne comportent pas de matinée. Parce que j’ai besoin de dormir, mon corps me le réclame. C’est le moment où on profite avec Monsieur, où pour une fois on se lève ensemble. Ce sont les seuls jours où on peut profiter de câlins au lit le matin, pour se rendormir autant de fois qu’on a envie, où on peut prendre le temps.
 
 

 

Et si la suractivité cachait quelque chose ?

Comment se fait-il que j’ai autant de choses à faire en dehors du travail ? Ai-je trop de projets personnels? A quoi me servent ces projets ? Visiblement, je cherche à accomplir quelque chose, à me réaliser. Est-ce le signe que mon boulot ne me le permet pas ? De plus en plus, je le pense. Je vous avais déjà parlé ici du regard que je pose sur mon emploi depuis quelques mois. Il semblerait que ces faits le confirment. Alors que faire de ces projets ? Je ne veux pas les abandonner. Ils sont ma motivation, ils donnent aussi du sens à mes journées. Il s’agit peut-être de baisser les attentes. De ralentir le rythme. 
En cette période estivale, de congés, je profite au maximum. Chaque journée est une nouvelle opportunité de ne faire que ce que j’ai envie : lire, lézarder au soleil, me promener, profiter de Monsieur. Les seules contraintes doivent être celles liées à la famille et aux éventuels déplacements. Et encore, tout cela participe à notre plaisir. Encore heureux, en période de vacances, j’arrive à profiter, à me relâcher, à oublier les listes. 
 

 

Prendre le temps

Ces dernières semaines, la vie s’est chargée de me rappeler que la vie se termine toujours. Qu’un jour ou l’autre, le jeu est fini, la course s’arrête. Qu’on ai fait l’intégralité du parcours ou non. Juste, c’est fini. Mais qu’est ce qui compte ? Avoir fait tout le tour du stade ou avoir apprécié chaque foulée, chaque posé de pied ? Pour la prochaine rentrée, j’aimerai pouvoir prolonger cet état d’esprit. Je veux être capable de ralentir le rythme. Prendre du temps pour moi, prendre du temps pour Monsieur, prendre du temps pour ne rien faire tout simplement.

Parce qu’il ne sert à rien de courir, il faut partir à point. 
 
 

8 commentaires pour “Courrir ne sert à rien, il faut partir à point: réflexion sur le temps qui passe

  1. Un magnifique article et tu as totalement raison ! Je me retrouve dans tes mots (j'ai toujours mille choses à faire) mais j'essaie de me calmer et de me garder du temps perso chaque jour. Car tout travail, tout projet, même fait avec passion, ne doit pas épuiser moralement. On en perd en productivité et en créativité. Lâcher prise, c'est aussi super important !
    Que fais-tu dans la vie?
    Des bisous
    Plume d'Auré
    http://www.plumedaure.com

    1. Merci pour ton petit mot 🙂
      Lâcher prise est essentiel mais pas toujours évident !
      Surtout que dans la vie, je suis chef de projets dans l’événementiel, donc c’est un peu mon boulot de tout anticiper, de veiller à ce que tout soit prêt quand il faut, etc !

      A bientôt !

  2. J'étais comme toi avant. J'étais obsédée par le temps qui passe. La vie est trop courte, vite il faut faire les choses avant qu'il ne soit trop tard. Puis j'ai quitté mon job et je me suis retrouvée au chômage. J'ai pu alors regarder autour de moi. Comme le monde va vite ? Pourquoi les gens courent-ils autant ? Dans le métro, dans la rue. Pourquoi les gens se mettent autant de pression au boulot ? Ce n'est qu'un boulot après tout (alors que j'étais pareil hein). J'ai pris du temps pour moi. J'ai arrêté de courir. J'avoue que ça fait du bien. Mais nous sommes tout de même toujours en quête d'objectifs à atteindre. Alors j'ai eu d'autres projets, mais j'ai décidé de travailler différemment. En prenant mon temps. Rien n'est urgent, ce sont les gens qui font des urgences de partout. Si je n'ai pas terminé quelque chose, tant pis. Tant qu'il n'y a pas mort d'homme je ne vois pas ou est le problème. Parfois il suffit juste de prendre un peu de recul. Ça permet d'y voir plus clair 😉

    1. On vit clairement sous une pression constante et une course à la performance. Résultat, on ne prend même plus le temps de relativiser certaines choses. Je pense vivre quelques mois de chômage l’année prochaine, peut-être qu’ils me permettront comme toi d’y voir plus clair. Je l’espère !
      Parfois le temps se fait long à force de courir sans arrêt, on ne sait plus après quoi on court…

  3. Je me reconnais énormément dans ton article, je passe également ma vie à courir. Mais c'est vrai que le plus étonnant, c'est ce paradoxe entre l'impression de ne pas arrêter et de ne rien faire de particulier. Je pense aussi que c'est la vie parisienne qui veut ça !

    Bonne continuation à toi 🙂

    1. J’espère que c’est la vie parisienne ! J’ai prévu de la quitter l’année prochaine alors ça réglerait une partie du problème ^^

  4. Tellement d'accord avec toi… j'ai fui la vie parisienne pour ces mêmes raisons. Je ne sais pas si c'est lié au lieu en lui-même, à l'atmosphère, aux gens qui y circulent… rien que dans les transports en commun, le stress monte pour faire la course contre le temps, et comme c'est la ville de tous les rêves, il faut faire 50 projets pour se sentir à la hauteur des autres… je ne me suis jamais sentie autant heureuse et libérée que depuis que je vis à la campagne. Mon projet c'est de vivre simplement, un objectif à la fois, et pour l'instant ça me réussit bien. J'espère que tu trouveras ton équilibre également ! 🙂 Gros bisous !

    1. Tu vois une vraie différence par rapport à l’époque où tu vivais en région parisienne?
      Nous avons prévu de quitter Paris l’an prochain, en partie pour ça, parce qu’on aspire à une autre qualité de vie. Le côté bouillonnant de Paris ne me correspond pas, j’aspire au calme et à la tranquillité. J’espère trouver un province un autre rythme de vie.

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