A vous lire #4 Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr

 

On se retrouve pour une nouvelle chronique littéraire ! Ca faisait un bail ! Il faut dire que j’ai envie de vous parler de plein de choses donc j’essaie d’alterner les sujets. J’ai un  sacré paquet de chroniques à vous livrer, ça viendra petit à petit.

En quelques mots

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un roman que j’ai lu un peu par hasard : Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr Encore une fois, c’est une histoire de couverture qui a attiré mon oeil dans le rayon et d’un résumé qui m’a tentée. 

 

Magnifiquement écrit, captivant de bout en bout, il nous entraîne, du Paris de l’Occupation à l’effervescence de la Libération, dans le sillage de deux héros dont la guerre va bouleverser l’existence : Marie-Laure, une jeune aveugle, réfugiée avec son père à Saint-Malo, et Werner, un orphelin, véritable génie des transmissions électromagnétiques, dont les talents sont exploités par la Wehrmacht pour briser la Résistance.

Ce roman a été primé au prix Pulitzer. Partant de là, on a forcément des attentes, on espère être captivé, emporté par la lecture et on veut un coup de coeur. Et déjà, vous sentez le « mais » arriver…
 
Toute la lumière que nous ne pouvons voir est un roman original qui raconte la seconde guerre mondiale selon deux points de vue : celui de Marie Laure, jeune aveugle engagée un peu malgré elle dans la résistance et celui de Werner, jeune soldat allemand surdoué des télétransmissions. On a donc deux points de vue opposés : un allemand et une française, un soldat et une résistante.
Le récit est construit un peu bizarrement puisqu’il alterne des périodes de leur enfance et des périodes durant la guerre. Il y a donc des retours en arrière ou des sauts dans le temps, tout dépend comment on voit les choses. Pour moi, ce rythme n’apporte au rien au récit, voire même le dessert. On a du mal à se mettre dans le récit et à se laisser emporter. Les premiers chapitres sont un peu laborieux puis on finit par comprendre et on a moins besoin de réfléchir. 
 
 
 
Et dans ces mots

L’auteur diffuse plusieurs messages au fil de l’histoire. Il illustre selon moi très bien le fait qu’il n’y a pas de méchants et de gentils. Les troupes allemandes ne sont pas responsables, elles sont tout autant des victimes que les peuples envahis. Quand on avance dans l’histoire selon le point de vue de Werner, on réalise que ces soldats ont tout autant souffert que les nôtres, qu’ils n’ont pas eu le choix, qu’ils ont vécu des choses horribles, tout comme nous. Le roman illustre très bien la dureté de la guerre, sans tomber dans le pathos, par le biais de détails et d’anecdotes. Le tout s’intègre très bien au roman pour devenir un environnement dans lequel on plonge sans difficulté.

C’est un roman qui est plein de poésie. La condition d’aveugle de Marie-Laure invite à l’imagination. Puisqu’elle ne peut pas voir, cela donne lieu à de très belles descriptions portées par les autres sens. La musique notamment joue une grande place. L’intrigue s’articule en effet autour de la radio, de la musique, de leur rôle dans la guerre et dans la résistance. Les deux personnages principaux sont concernés d’une manière ou d’une autre : l’un de par son métier, l’autre de par son sens de l’ouïe amplifié. 

Enfin, il y a en fond un message d’espoir. La guerre ne détruit pas tout et ne rend pas les hommes complètement sauvages. Malgré tout ce qui peut se passer, chacun continue à essayer de faire le bien. On suit le combat de Marie-Laure, on encourage Werner dans ses choix. C’est d’ailleurs dans cette dimension que le titre prend tout son sens. Cette lumière qu’on ne voit pas, c’est l’espoir, la bonté, la musique et la poésie qui survivent malgré les combats et les atrocités de la guerre. C’est une façon de dire que le monde ne s’arrête pas. Même si on ne le voit pas, l’espoir perdure. 

 

Anthony Doerr

 

Mon avis

Les personnages sont bien présentés et bien décrit, on les imagine très bien. On imagine ces jeunes enfants, qui deviennent adultes un peu trop vite et un peu trop tôt. En revanche, je trouve qu’on a du mal à s’y attacher. Ils sont assez froids, leurs émotions sont dures et implacables, on a du mal à les trouver touchants. Ils sont comme trop indépendants et presque trop forts. 
On attend le moment où ils vont se rencontrer, personnellement en lisant le résumé c’est ce que j’avais supposé. Ca finit par arriver mais c’est très rapide et je trouve que l’idée n’a pas été assez exploitée. Ceci dit, ça évite la fin prévisible vous me direz. 

D’ailleurs, la fin m’a un peu frustrée. Ce n’est pas une fin idéale mais elle est cohérente avec la réalité avec ces destins qui s’entrecroisent et qui se séparent, tout n’a pas bien fini. Tout comme pendant la guerre, il y a eu des vies brisées, des morts, des survivants. C’est l’histoire de ceux qui ont du réapprendre et se reconstruire.

Le roman tourne beaucoup autour d’un diamant, qui serait le coeur d’une légende ancienne. J’ai du mal à saisir l’apport de ce bijou dans l’histoire. Il y avait surement quelque chose à en faire mais ça a été mal exploité. 

En conclusion, c’est un livre que j’ai aimé lire. Il m’a fallut du temps pour rentrer dans l’histoire et il me laisse sur ma faim mais la lecture reste agréable.

 

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