Le meilleur reste avenir…

Quand devient-on adulte ?
 
A partir de quel moment peut-on dire qu’on est adulte? Quel est cet instant T, ce moment précis où on passe de l’autre côté, où change de camps? Est-ce quelque chose sur lequel on peut agir ou est-ce la suite d’un processus naturel? 

Sur le chemin de l’âge adulte

Est ce quelque chose qui est en nous ou est-ce une reconnaissance des autres ? Peut-être est-ce un mélange de tout ça au fond. Combien sommes nous à avoir hâte de prendre de notre envol ? Durant cette période de mutation qu’est l’adolescence, on cherche à affirmer qui on est, à se différencier de ses parents. Combien de fois a-t-on eu envie de pouvoir agir comme bon nous semble, de jouir d’une liberté qui semble parfois nous manquer ?  L’autorité nous semble répressive, limitative et barbante. On attend avec impatience ce jour où nous serons seul maître à bord, où nous pourrons faire nos choix, vivre notre vie à notre façon. « Quand je serais grande… ». On l’a tous dit un jour…. On voulait tous devenir grand… Je voulais devenir grande pour pouvoir faire ce que je voulais, pour dire ce que je voulais, pour enfin décider de tout…

Vouloir retomber en enfance

Et pourtant, certains jours, c’est dur d’être adulte. Il faut faire face à la vie, se tenir debout face aux difficultés, courber le dos quand les temps sont durs pour encaisser les coups et savoir se relever ensuite pour continuer sa route. Il y a des décisions à prendre, des choix à faire et il faut en assumer les conséquences.  Quand on grandit, on s’aperçoit qu’au fond on peut faire moins de choses que ce qu’on pensait… Qu’on peut décider de pas grand chose au final…On s’aperçoit que grandir, ça amène aussi des problèmes, des questions et des peines. Et dans ces moments là, il n’y a personne pour nous protéger, pour faire à notre place, pour prendre les décisions. On a beau être entouré, on a parfois envie de redevenir un enfant. Retrouver cette légèreté, cette insouciance, juste un instant, pour pouvoir souffler.
 
On voudrait retomber en enfance. Revenir aux temps où quand on avait un chagrin, un problème, il suffisait d’aller se blottir dans les bras de maman ou papa pour que tout s’arrange. On voudrait revenir à ces temps d’insouciance où on ne s’imaginait même pas qu’un jour, on se poserait autant de questions… On voudrait revenir aux temps où la décision la plus difficile à prendre dans notre journée, c’était choisir nos vêtements dans l’armoire le matin ou quand on hésitait entre beurre et confiture pour nos tartines.
 
Prendre un enfant par la main
 

Ce jour où tout a changé

Je crois que je me souviens de ce jour où je suis devenue adulte. Je me revois seule dans cet appartement qui était devenu le mien pour quelques mois. J’étais en train de défaire mes cartons, de faire mes premières courses, de faire des démarches administratives. Je crois que ce début d’autonomie, un peu sans filet, a marqué le début de ma vie d’adulte. Etre chez moi et plus chez mes parents, pouvoir aller et venir comme bon me semblait, sans rendre de compte à personne, le tout à 400km de chez mes parents a été cet instant T. C’est à ce moment que le cordon s’est coupé. C’est durant ces quelques mois que la désillusion a été la plus violente. C’est durant cette année que j’ai réalisé tellement de choses. A compter de ce jour là, j’étais devenue une adulte. Et pourtant. Une partie de moi était restée une enfant.

Garder une âme d’enfance

J’ai beau me sentir adulte depuis des années, prendre mes décisions, décider de ma vie, m’assumer financièrement, il y a cette partie au fond de moi qui semble faire bande à part. Il y a cette part de moi qui a encore 6 ans, qui réagit comme une enfant. L’enfance, c’est cette tranche de vie durant laquelle l’individu se construit accompagné par ses parents. Il apprend à être lui même, à se comportant en société et à s’apprivoiser lui même. Visiblement, pendant la mienne, il y a eu un raté.
Dans un recoin de moi, il y a cette petite fille de 6 ans qui est parfois submergée par ses émotions. Elle ne sait pas comment avancer, qui se retrouve au pied du mur. Elle est engluée dans la peur, la colère, la tristesse et l’angoisse. On apprend à cohabiter toutes les deux. J’essaie de l’écouter, de lui donner sa place. Je m’efforce de lui dire que oui, elle a le droit d’être en colère ou triste. Je tente de la rassurer, de lui faire comprendre que tout ira bien. Il faut lui apprendre à décrypter ses émotions pour les comprendre et les digérer. 

Accepter d’être adulte

Au fond grandir, c’est peut-être avoir conscience de qui on est et l’accepter. C’est peut-être connaître ses forces et ses faiblesses et les assumer. Etre adulte c’est tout simplement faire la paix avec soi même. C’est avancer serein et confiant dans ses capacités de faire face à la vie. A ce rythme là, je pense que je ne pas encore tout à fait adulte. J’ai encore cette part d’enfance en moi, qui diminue un peu chaque jour, au fur et à mesure que je guérie. Etre adulte c’est aussi peut-être pardonner à ses parents pour les erreurs qu’ils ont pu faire. On comprend qu’ils ont fait du mieux qu’ils ont pu et qu’ils devaient composer avec la vie. Sur ce point, je suis encore une enfant. Une enfant en colère. Le temps fera son oeuvre…
 
Il y a en moi une part d'enfance
 

Regarder vers l’avenir

Parfois, je voudrais revenir au temps où j’avais des rêves pleins la tête et des étoiles pleins les yeux. Revenir au temps où tout était simple, ou du moins au temps où je ne voyais que le bon côté des choses. Mais je ne peux pas, personne ne le peut. Quand vous croyez que tout va mal dans votre vie, et que vous avez des choix trop difficiles à faire, quand le doute vous submerge, rappelez vous de ce qui vous semblait infaisable il y a quelques années. Rappelez vous comme le bout du chemin vous semblait loin, comme ces choix et ces événements vous paraissaient effrayants. Qu’il s’agisse de votre orientation, de vos relations ou de partir vivre à l’étranger, vous avez parfois eu envie de vous cacher et d’attendre que ça passe. Et voyez comme vous l’avez surmonté, voyez comme vous avez grandit, évolué, pris du recul. Et vous verrez que la vie n’est qu’une permanente évolution, une croissance infinie. Même si parfois on voudrait revenir en arrière pour goûter à nouveau à cette innocence, on aura toujours plus à faire dans le futur.
 
 
 

2 commentaires pour “Le meilleur reste avenir…

  1. Cet article ne pouvait pas mieux tomber, il est tellement juste.
    Parfois j'ai dû mal à me sentir adulte, j'ai l'impression d'avoir toujours cet enfant au fond de moi, mal dans sa peau qui ne sait pas comment réagir.
    Cet article est très beau,
    bises à toi

    1. J’ai longtemps eu du mal à mettre le doigt dessus. C’est la thérapie qui m’a ouvert les yeux. Le chemin est encore long mais comprendre, ça aide énormément !!
      A bientôt

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *