Travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?

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A la base de cet article, je voulais vous parler de mon métier, de ce à quoi je passe mes journées. De cette partie de ma vie qui occupe une trop grosse bonne partie de mon quotidien. Je voulais vous parler de ce métier qui fait rêver certains, dont d’autres connaissent la réalité. J’avais envie de vous décrire un portrait quasi idéal de ce boulot que j’ai découvert un peu par hasard. 

Quand le travail perd de son sens

Oui mais. Parce qu’il y a un mais. Depuis quelques semaines je dirai, une petite graine a commencé à germer dans ma tête. Un petit vent s’est levé et plus ça va, plus il prend de la force et je n’arrive plus à l’étouffer. Qui plus est, on dit que le hasard fait bien les choses. Travailler n’est plus un plaisir.

Oui mais. Encore un mais… Oui mais moi, je ne crois pas au hasard voyez-vous. J’ai toujours pensé que ce qui doit arriver fini toujours par arriver. Même si ça doit prendre des années. Donc comme je vous disais, le hasard ou pas fait bien les choses. En ce moment, je retombe sans arrêt sur le sujet : la reconversion professionnelle.

Que ce soit des articles de blog ou comme hier soir, l’excellent article de Neon (très bon magazine, je vous le recommande soit dit en passant), j’en lis des tartines sans le vouloir. 

Et d’où ça vient ?

J’ai commencé mon boulot il y a maintenant 16 mois et au début, c’était l’éclate. Je revenais à mon métier de coeur, pas dans le secteur que je voulais mais qu’importe. J’avais retrouvé ce boulot qui m’avait fait rêver, qui avait guidé mes choix pendant mes années d’école de commerce, qui m’avait guidé pour construire mon CV et choisir mes stages. Je retrouvais enfin ce métier dont je parlais avec tellement de passion, comme une évidence. J’y suis arrivée avec la bouche en coeur, des étoiles dans les yeux et ma motivation en bandoulière. J’avais une vraie envie d’aller travailler le matin.
Pendant cette première année, j’ai pris beaucoup de plaisir : super collègues, beaux projets, des challenges, des défis, des découvertes. Et puis des désillusions aussi. Ouai, je sais c’est moche de vous casser dans l’élan comme ça mais pourtant c’est la réalité. 
Toujours est-il que petit à petit, je me suis rendue compte que l’entreprise pour laquelle je bossais avait aussi ses défauts. Comme toutes les entreprises me direz-vous et vous aurez raison. Sauf qu’il y a dans le lot des choses qui me gênent, qui pour moi vont en opposition avec la reconnaissance du travail et la valeur du salarié, qui réduisent le salarié à un pion dans un jeu. Et surtout qui vont de paire avec ce marché du travail si moche ces dernières années qui donnent la toute puissance aux patrons. Ca ne se voit pas de prime abord. Je sais que mes mots peuvent surprendre ou donner une image assez négative de la chose. Pourtant, face à certains faits, certaines paroles, certaines décisions, j’ai ce sentiment de malaise. Cette petite voix qui me dit « Ouai, sympa. Donc en fait que tu t’investisses à 200% et que tu sois compétente, ça change pas grand chose ».

Motivation, où es-tu ?

Je trouve ça vraiment malheureux que les managers et les entreprises ne soient aujourd’hui pas capable d’entendre ce souhait vibrant de la génération Y en recherche de sens dans son travail. Celle qui recherche dans son boulot un moyen de s’épanouir, un véritable moteur, un moyen de se réaliser. Non, la génération Y ne refuse pas l’engagement, ni de travailler, elle n’a pas peur de s’investir. Elle veut simplement le faire en accord avec ses valeurs, comme un objectif collectif mais aussi individuel, qui participe à sa qualité de vie. 
 
Et quand je vois les discussions que j’ai avec mon boss, mon petit doigt me dit qu’on est pas prêt d’y arriver.
La motivation des salariés est devenue accessoire dans la plupart des boites. Aujourd’hui, si tu n’es pas content, la porte est grande ouverte et il y en a 10 dehors, prêts à prendre ta place. Alors t’es mignon mais tu gardes tes récriminations pour toi et tu te remets au boulot. Dans ma branche c’est comme ça en tout cas (et malheureusement c’est à peine si je ne cite pas des propos réels).

La spirale négative

J’ai eu un gros passage à vide en début d’année. Une sale période dont j’ai eu du mal à me sortir, en admettant que j’en sois vraiment sortie. J’ai pris du recul par rapport à cette période, je me suis demandée comment j’en étais arrivée là. La réponse tient en un mot : démotivation. J’avais perdu l’envie, l’énergie de faire toujours plus et toujours mieux, j’avais moins d’entrain à aller travailler et ces nouveaux projets qui arrivaient ne me faisaient pas vraiment vibrer. Je n’avais plus envie de me donner du mal puisque, que je le fasse ou pas, le résultat était le même. Et puis surtout, après un an dans l’entreprise, l’heure était au bilan. Quid de cette année écoulée ? Qu’est ce que j’y avais gagné ? Où en étais-je de mon projet professionnel ? Avais-je envie d’évoluer dans cette entreprise, de jouer un rôle dans son évolution ? Est-ce que ce boulot était en phase avec mes aspirations personnelles ?
 
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Je me suis rendue compte que j’avais un profond sentiment de déséquilibre, de frustration et d’injustice. Je me suis rendue compte que je m’investissais mais que je n’avais aucun retour vis à vis de ça. Que je consacrais mon énergie, mon temps, ma motivation et mes compétences à une entreprise qui ne me le rendait pas. Travailler ne m’apportais plus rien, ou du moins plus assez. Alors j’en entends déjà certains dirent « nan mais dis donc, la petite elle croit que tout est automatique, que ça tombe comme ça, direct, au bout d’un an? ». J’ai bien conscience que non. En revanche, je pense que dans une relation salarié-employeur, ça doit être un win-win sinon ça ne peut pas marcher. Et là j’ai clairement l’impression de me faire avoir. Parce que je donne de mon temps, au sens littéral du terme, beaucoup. Trop. Et que je n’ai aucune compensation. Que j’ai des responsabilités. Pas mal. Du genre encadrer des dizaines de personnes à l’étranger ou gérer des budgets à 6 chiffres. Que j’ai des compétences recherchées et qu’on ne les valorise pas à leur juste valeur. Donc pour le win-win, on repassera.
 
J’ai essayé de prendre du recul, j’ai essayé de regarder les choses avec un oeil neuf. J’en ai parlé avec des gens d’autres branches, d’autres secteurs, d’autres générations. Je me suis faite l’avocate du diable. Je me suis dis « oui mais tu fais partie de cette génération hyper impatiente qui veut tout tout de suite, qui veut un boulot qui a du sens, qui voudrait le beurre et l’argent du beurre » (c’est fou toutes les conneries qu’on entend parfois…). Et pourtant, de toutes ces discussions, ce qui ressort c’est que mes attentes sont légitimes, que oui je me fait un peu avoir. Que non ce n’est pas normal d’avoir à accepter tout ça, que la rengaine « c’est le métier qui veut ça » est valable tant qu’on l’accepte. C’est normal que j’ai envie d’autre chose. Et puis il y en a qui me disent même « le jour où tu partiras, tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à repérer les bons éléments » (papa je t’aime ♡)

Et maintenant on fait quoi ?

C’est toute la question !
A force d’y réfléchir, je me rends compte que par rapport à ce que j’attends de la vie, mon métier n’est pas compatible. J’ai toujours su que je ne ferai pas toujours ce job, c’est quelque chose qu’on entend de plus en plus, et qu’on a toujours entendu dans mon boulot. J’ai toujours su que je ne ferai pas ce métier en ayant des enfants, ou du moins, pas de cette façon là. Sauf que depuis quelques temps, je ne veux plus attendre d’avoir des enfants pour changer de voie.
Je veux retrouver l’envie d’aller travailler le matin. Et je parle d’envie. Pas juste ce petit « bon aller faut aller bosser, on se bouge ». Nan, la vraie envie, qui vous emmène avec entrain. Celle qui fait que chaque jour est une nouvelle opportunité, un nouveau défi à relever. Je veux trouver un sens à mon boulot, avoir le sentiment d’être utile, que ce que je fais a un but, une valeur ajoutée. Je veux sentir que ça ferait une différence si je ne le faisais pas. J’aimerai mon boulot réunisse l’ensemble des critères qui comptent pour moi : être en contact avec les gens, leur apporter quelque chose, transmettre, partager, travailler en équipe, réfléchir. 
 
Mais c’est bien beau d’avoir conscience de ça, comment je fais pour faire ce que j’aime ? A l’heure actuelle, je ne sais pas quel serait le métier parfait pour moi. Quand vient l’heure de l’orientation, celle des choix, on est trop jeunes je pense. On n’est pas prêts pour choisir, on ne se connait pas assez pour pouvoir décider. Il y a tellement de possibilités et on en connait qu’un 1/10e. Pour ma part, j’ai été très influencée par mes proches et par mon environnement qui prônait une voie royale. Pourtant, il y a plein d’autres choses qui m’auraient plu. Il y a des métiers qui me font envie mais qui sont hors de mon scope de compétence, il y a des métiers qui me plairaient parce que je n’en connais pas les réalités, il y a des métiers qui me plairaient mais qui n’offrent que très peu de débouchées. Il s’agit donc de faire un choix réfléchi, optimum puisqu’il l’idéal n’existe pas.
 
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Un pas en avant, parfois difficile à faire

Mais quand bien même je saurais exactement quel métier je veux faire, j’ai plusieurs freins qui me ralentissent dans ma quête du changement. Reprendre des études, je ne m’y vois pas. J’aime la vie active, le fait d’agir concrètement, d’avoir mon indépendance financière, d’être dans la « vraie vie ». Et puis ça coûte de l’argent. Cet argent, je l’ai déjà dépensé (enfin, mes parents l’ont dépensé pour moi). J’ai déjà un M2, ça a coûté une coquette somme à mes parents. J’aurai beaucoup de mal à me dire que je laisse ça de côté après si peu de temps. J’aurai l’impression de gâchis (même si j’en tire forcément quelque chose). Il faut bien l’avouer, une reconversion si tôt serait pour moi admettre que je me suis trompée et repartir de 0. Ce serait dévier de cette route si droite que je trace depuis des années, sans accroc, sans écart. Oui mais si elle ne me rend pas heureuse ? Je n’ai pas dit que c’était rationnel hein…
 
Je ne crois pas à l’entrepreneuriat pour tous. C’est très à la mode, c’est formateur, on a l’impression qu’on créé son propre emploi, de travailler pour soi. Mais je n’ai pas le tempérament et la forme d’esprit qui conviennent. Pour moi, ce serait le summum de l’angoisse, l’insécurité la plus totale et je ne suis pas capable d’assumer ça. Alors, oui forcément, certains jours, l’idée de bosser de chez moi, de prendre mes propres décisions, d’être mon propre boss me fait bien envie. Quand j’écris pour mon petit blog tout neuf, que je parcours le net, que je veille, que je lis, ça me tente drôlement. Mais la réalité est tout autre. Je ne suis pas assez douée pour ça. Je n’ai pas assez confiance en moi et je n’en suis pas capable.
 
Réorientation reconversion professionnelle changer de voie de métier
 

Et si on passe à l’action ?

Mon année 2018 s’annonce comme celle du changement. Nous avons des projets avec Monsieur qui devrait me permettre de quitter ce boulot et cette entreprise plus ou moins par la force des chose, plus ou moins sereinement (croisez les doigts) et qui devraient me permettre de mettre ce changement en marche. Ce sera l’occasion de penser réorientation, nouveau métier, nouvelle voie, nouvelles aspirations qui sait. Je pense fortement à faire un bilan de compétences, à me faire conseiller par des professionnels du recrutement et de l’emploi. A ce stade, j’envisage la reconversion comme une bifurcation et non comme un virage à 180°. Cela me permettra de mobiliser ce que je sais déjà faire, ce que j’ai déjà fait, de mobiliser mon expérience et de l’enrichir. Une formation complémentaire ou une belle opportunité dans une entreprise seraient pour moi l’idéal pour entamer un nouveau chapitre de ma vie. Ca passera peut-être par le métier que je fais aujourd’hui mais d’une autre façon, que je connais déjà, pour évoluer ensuite en interne vers d’autres fonctions.

 

Alors, début d’une nouvelle vie en 2018 ? Challenge accepted.

 

 
NB : Je m’aperçois à l’instant où je publie cet article que nous sommes le 1er mai. Fête Nationale du Travail. Je vous ai déjà dis que je ne croyais pas au hasard ?
 
 
 

10 commentaires pour “Travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?

  1. Je ne me vois pas encore franchir ce pas. Trop d'incertitude pour moi, trop de stress, j'aurai du mal à le vivre je pense. Peut-être que j'y viendrai un jour ! Ca m'a déjà traversé l'esprit mais pas assez confiance en moi…

  2. Le 1er mai 2013, je me déclarais en tant qu'auto-entrepreneur (appelé micro-entrepreneur maintenant), et aujourd'hui, je ne regrette absolument pas ce choix un peu fou !

    N'hésite pas à venir discuter de tes envies avec moi sur le blog ou par mail 🙂

    Belle continuation !

  3. De toute façon, je sais que je finirai par craquer donc l'idée c'est de partir avant !
    Je ne conçois pas de vivre mon boulot comme une corvée…

  4. C'est effectivement un bon compromis ! Tu travailles dans quoi du coup ?
    Freelance, ça m'a déjà traversé l'esprit. Mais c'est bcp de risque, donc pour moi qui déteste ça, c'est compliqué. Et puis je ne m'estime pas assez bonne pour me lancer là dedans…

  5. Tu peux m'en dire un peu plus sur le métier que tu lâches? Parce que j'avais dans l'idée de me réorienter dans ce secteur… Donc je veux bien en savoir plus ^^
    Et tu t'orientes vers quoi à la place ?

  6. Ton article tombe à pic ! J'ai quitté un boulot qui était "super" pour tout le monde sauf pour moi…c'était dans les RH plus précisément dans le recrutement…trop de pression et une horrible mentalité…Je n'y trouvais aucun sens…et me lever le matin était de plus en plus dur…Aujourd'hui même en ayant des idées de reconversion bien précises je fais un bilan de compétences pour vraiment m'éclairer dans mes attentes professionnelles. Je te souhaite du courage et surtout bonne chance dans tes projets à venir 😉

  7. Ton article sonne tellement juste !
    Je suis vraiment d'accord avec toi. On m'a toujours dit : "fais des études pour trouver un travail et gagner de l'argent, c'est le plus important". Certes. Et comme tu le dis, l'indépendance financière, ça a du bon. Ca permet notamment de dormir sur ses deux oreilles et de se mettre à l'abri de pas mal de préoccupations.
    Mais l'épanouissement dans tout ça, c'est forcément accessoire ? J'ai du mal avec ce principe. Je sais qu'il y a "pire que moi", que des gens travaillent et occupent des postes pourris pas par choix. Mais est-ce une raison de se priver quand soi-même on pourrait avoir le choix justement ?
    Je ne crois pas. Fonce, vraiment !

  8. Je comprends totalement ce que tu dis. J'ai longtemps été insatisfaite des emplois salariés que j'avais parce que je ne m'épanouissais pas face au manque de reconnaissance. L'an dernier j'ai lancé mon entreprise et mon activité freelance. Après un an d'angoisse et de galères, je viens de reprendre un cdd a mi-temps que je complète avec du freelance. Au final, je trouve plus d'équilibre dans ce mélange des rythmes. D'un côté je sais que j'ai de l'argent qui rentre tous les mois, de l'autre j'ai la liberté de travailler comme je veux le matin.

  9. Hello 🙂
    La finance c'est un monde requin, c'est connu pour ça. Dans ce milieu là c'est normal de finir à 23h le soir. Certains en sont fiers. Perso, je n'en vois pas l'intérêt. Ouai t'es plein aux as (et encore) mais quand on voit le temps que ça bouffe, pas sur que ça soit très épanouissant…

    La reconversion, il y a encore quelques mois, je me disais jamais de la vie. Mais petit à petit, ça fait son chemin…

    A bientôt !

  10. Intéressant cet article! Je ressens aussi la même chose que toi, mon métier me plaisait bien, mais les conditions beaucoup trop intenses et soutenues font que ben non c'est juste pas possible de continuer là dedans… Et on est nombreux dans cette branche à ressentir la même chose, donc c'est vraiment dommage que les employeurs et les entreprises aient aussi peu de considération pour nous les employés… (je travaillais dans l'audit financier)
    Et comme toi, j'ai fait des études, je me suis donnée du mal et je ne peux pas renier ça, donc la reconversion, je ne veux vraiment pas l'envisager…. Plus tard peut être, mais vraiment pas maintenant.
    Je te souhaite que tu trouves une voie qui t'épanouisse plus!

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