La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure

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Ca a commencé timidement. Une rencontre avec des regards en coin, trois mots échangés et puis des numéros qui circulent par des intermédiaires. Ça a continué avec un tête à tête, les traditionnelles questions t’habites-où-tu-bosse-où-t’aimes-quoi. De ce jour là, je me rappelle surtout de ton sourire et de tes yeux rieurs, de ta distance polie et de cette petite voix qui me disait “c’est un mec bien”. Je me rappelle de ces messages échangés, des ces phrases qui me faisaient sourire et de ces réflexions pleines d’esprit qui me faisaient dire que j’avais envie de plus te connaître.

Et puis y a eu ce jour.

 Des regards un peu fuyants, très prometteurs, qui trahissaient la curiosité de l’autre, l’attirance des corps. Mon coeur qui battait tellement fort en te voyant adossé à la grille. Des mains qui s’effleurent, des corps qui se rapprochent sans oser vraiment parce qu’au fond, il y a toujours cette crainte que l’envie ne soit pas partagée.
Et puis d’un coup, ta main qui se glisse dans la mienne et qui me dit « viens par la, restes ici ». Nos pas qui s’accordent et le soleil de la fin du jour qui nous caresse le dos. Il ne fait pas très chaud mais mon coeur bat tellement vite et mon esprit galope à toute vitesse, alors je ne sens pas vraiment la fraîcheur de la soirée. On s’est assis sur un banc, un peu collés l’un contre l’autre mais avec toujours entre nous deux cette pudeur, cette timidité qu’on cache tous les deux au fond. Tu as passé ton bras autour de mes épaules, je me suis appuyée contre toi. On a continué à discuter l’air de rien, comme si c’était habituel, comme si on était déjà coutumiers du fait. Et pourtant mon coeur battait encore plus vite. J’avais peur, le trac, la petit boule dans le ventre et les montées d’adrénaline. Mais y avait aussi les papillons dans l’estomac, ceux qui disent l’envie, l’impatience. Je voulais être contre toi, sentir ta chaleur, ton odeur, ta peau.
Nous sortons de ce restaurant, que je pourrais retrouver sans même savoir comment il s’appelle. On sait tous les deux qu’il va se passer quelque chose mais impossible de savoir quand ni comment. Ce pressentiment au fond de moi, à moins que ce soit l’envie. Et cette petite voix qui me dit  » oui mais peut-être que non, peut-être qu’il ne se passera rien. D’ailleurs il ne va sûrement rien se passer  » (oui j’aime bien me préparer au pire pour être agréablement surprise par le meilleur…). C’est cette attente qui rend le moment si délicieux quand il arrive enfin. On réalise combien on l’a voulu, le manque tant qu’il n’est pas là, on l’imagine, on le rêve, on le fantasme.

Quand toi et moi sommes devenus nous

On fait à peine quelques pas et tu te lances, tu mets tes hésitations de côté, tu m’attrapes par le bras, tu me retiens, encore cette main qui dit « viens par la, restes ici ». Il y a ce regard qui dure une seconde, peut être deux. Dans les livres, ils écrivent que c’est le moment où nos yeux se disent tout, où on lit les émotions de l’autre dans son regard. Je ne sais pas ce que tu as lu dans les miens, et je ne saurai pas bien dire de ce que j’ai vu dans les tiens. J’ai vu ton air sérieux, tes grands yeux bruns tout doux et ton visage déterminé.
Et puis d’un coup, on y était, on avait franchi cette ultime distance, si courte et si longue à la fois, celle qui marque à la fois un début et une fin. Il y avait un nous. Je me souviens de ce moment juste après où j’ai enfoui mon visage dans ton cou pour te dire  » je suis un peu intimidée mais je suis bien avec toi ». Tu m’as confié quelques temps plus tard que c’est ce moment précis qui t’avait touché. Il t’avait donné confiance en toi, comme si je m’étais confiée à toi, que j’avais baissé ma garde.
C’est ce jour là que tout a commencé. Qu’on est partis à l’aventure tous les deux, ensemble main dans la main. Un peu comme une boule de neige qui commence à descendre la montagne, qui prend de la vitesse, qui grossit, qui devient inarrêtable. On ne se connaissait pas vraiment mais on s’est accordé naturellement, nos corps et nos esprits se sont mis au diapason sans effort visible. Il n’y a pas eu de doute, pas de questionnement, pas d’hésitation. C’était naturel, ça sonnait juste. Nous avons fait notre petit bonhomme de chemin et notre petit bonheur en route. Il y avait cette complicité depuis le début, ce sens de l’humour qu’on partage, cette douceur et cette tendresse dont on se nourrit pour grandir. Elle était aussi là dans ces moments passés à deux pour construire des souvenirs. Des milliers de photos parce que je suis boulimique des images, et que même si tu râles, quand tu les vois s’afficher, elles te font sourires. Il y a eu toutes ces premières fois qu’on a noté dans un petit coin de nos têtes : 1er bisou, 1er nuit ensemble, 1er week-end à deux, 1er dispute (elle a mis du temps à venir celle la), 1er je t’aime, 1er vacances ensemble, 1er travail pour moi, 1er rencontre avec la famille, 1er discussion sur le nous de demain, 1er achat en commun (une cuillère en bois, on est des romantiques vous savez…), 1er appartement à deux.
 
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3 ans après

Et aujourd’hui, ça fait 3 ans qu’on roule notre bosse. C’est tellement et tellement peu à la fois. L’impression qu’on se connaît depuis toujours et pourtant que c’était hier. On a eu des très hauts mais aussi des très bas qui nous ont rendu plus forts. Qui m’ont fait mal parce que je nous croyais au dessus de ça. Mais qui m’ont surtout fait réaliser que rien n’est jamais acquis.
J’ai appris à connaître et à aimer tes petites manies, qui me rendent dingue ou qui me font rire suivant les jours et l’humeur, tes petites marques de fabrique : ta manie de laisser les portes de placard ouvertes, ton rasoir qui fait tac-tac-tac sur le rebord du lavabo, ta façon de me dire bonjour ma chérie quand j’ouvre la porte de l’appartement avant même de m’avoir vue, ta mémoire d’amnésique qui me fait répéter 3 fois les choses, ta tête de canaille quand tu as une idée en tête, tes petits yeux quand tu te réveilles et que tu ne sais plus où tu es, ta façon de venir me réveiller le matin avant de partir en me disant à ce soir mon coeur, tes petites ailes dans le dos, tes crises de folie où tu te mets à sauter partout, cette mimique qui n’appartient qu’à toi quand tu exploses de rire, ton regard coquin quand tu me trouves devant le miroir et que tu viens m’embrasser dans le cou, ta façon si particulière de ranger les chemises et les assiettes, tes sursauts quand tu t’endors, ta bouille vexée quand tu n’arrives pas à faire quelques chose, ton sourire en coin quand tu essaies de bouder et que je te fais rire, ta petite bosse derrière la tête, ta sens de la logique et des chiffres, tes mains de bébé toute douces, ton air concentré quand tu lis un livre, ta voix quand tu me dis “arrêtes de te moquer de moi” quand tu me fais sourire, ta manie de t’asseoir par terre sur le tapis plutôt que dans le canapé, ton air de petit garçon fier lorsque tu vois mon sourire quand je rentre à la maison et que je découvre un bouquet de fleurs sur le table, ton incapacité à reconnaître les personnages d’une série et à te rappeler qui a fait quoi, tes parties de Tetris avec le lave vaisselle, quand tu chantes des jingle télé à me rendre chèvre, ces silences où tu penses tellement fort que je sais ce que tu es en train de te dire… Tout ça c’est toi et donc c’est forcément un peu nous aussi.
Ce nous que j’aime tant. Parce qu’il y a toi dedans. Je me suis longtemps protégée. J’ai gardé ma carapace en me disant que tout pouvait s’arrêter, j’ai gardé les pieds sur Terre et la tête sur les épaules. Pour éloigner la peur. Et puis avec le temps, les bons moments, les mots doux et les petites attentions, j’ai finis par baisser ma garde. Je t’ai laissé voir la vraie moi, fragile et tenace, douce et en colère, femme et enfant, anxieuse et attentive. Et j’ai vu que tu restais là, proche de moi. Tu me soutenais dans les coups durs et à rire avec moi dans les moments de bonheur. Petit à petit, tu as pris ta place pour devenir mon évidence. Ce pilier dans mon quotidien, mon attache, mon roc. Tu es celui à qui je raconte mes déceptions, mes tristesses et mes larmes. Celui qui a écouté (plus ou moins patiemment) mes coups de gueule mais aussi celui qui a partagé mes rires, mes délires, mes fiertés et mes moments d’émotions. C’est toi qui m’a toujours soutenue et encouragée quand j’ai voulu entreprendre quelque chose.
 
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3 ans… 3 ans de sourires, d’éclats de rire, de souvenirs, 3 ans de joies, de projets, d’envies. 3 ans de bons moments, de moments importants et quelques épreuves. 3 ans de complicité et de tendresse. Quelques larmes parfois mais tellement de bonheur. 3 ans que la vie est un peu plus facile et tellement plus belle parce que tu es la avec moi.
 
Il y aura des hauts et bas mais tant que tu seras là, tant qu’on sera ensemble, tout ira bien.
Aujourd’hui, c’est moi qui attrape ta main et qui te dit “viens par la, restes ici”.
 
 

6 commentaires pour “La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure

  1. Ton histoire est tellement belle. Ton texte est prenant,et touchant. C'est magnifique et ça me fait sourire de lire ce genre d'article. Continuez à être si heureux et amoureux, c'est beau 🙂

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